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vendredi 8 décembre 2017

Chroniques d'une vie de flic : la police au quotidien - Éric OLIVA

Titre : Chroniques d'une vie de flic : la police au quotidien
Auteur : Éric Oliva
Édition : Auto-édité
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 179
Genre : Policier, témoignage
Décor : France
Lu en : Décembre 2017

9/10

Quatrième de couverture : Il y a une chose qui reste très particulière dans le métier de policier, c’est que dans une même journée, vous pouviez traverser des instants de joie et de bonne humeur, pour vous retrouver aussi rapidement dans la souffrance, la douleur et la peine. Basculer à une telle vitesse entre ces mondes diamétralement opposés, que le soir venu rien n’était plus laborieux à trouver que le sommeil. Les nuits sont parfois courtes et agitées, et amènent sur des matins d’autant plus difficiles.

Si certains ressentis s’effacent peu à peu, les images elles, ancrent leurs racines bien plus profondément.


Mon avis : Chroniques d’une vie de flic, comme son nom l’indique, est une sorte de recueil d’anecdotes et de tranches de la vie d’un flic. Le meilleur point de ce livre est sans aucun doute le fait que l’auteur, Éric Oliva, est lui-même flic. Tout ce qui est écrit est donc empreint de beaucoup de vérité et de réalisme, et ça, ça fait plaisir.

Quel plaisir d'en savoir un peu plus sur le « vrai » métier de policier... Pas celui des fictions, où tous les flics défoncent la porte au lieu de suivre la procédure pour un peu plus d'action. Là, on se plonge dans plusieurs affaires, certaines graves et horribles, d’autres beaucoup plus légères. On sent toute la frustration du métier de flic, qui se voit obligé de se plier à la procédure, qui doit attendre une certaine heure pour agir, qui doit relâcher un probable criminel faute de preuves, etc.

J’ai adoré lire ces tranches de vie. Certaines histoires sont tellement dingues (l’une avec un chien me restera en tête bien longtemps), qu’on se demande si c’est vraiment possible. Et pourtant oui, c’est possible, c’est du vécu, mais c’est parfois tellement peu croyable et peu tangible pour qui n’est pas proche de ce corps de métier.

Franchement, n’hésitez pas, ça se lit tout seul : plongez dans le quotidien surprenant, frustrant et parfois dangereux d’un flic

mardi 22 août 2017

Souvenirs d'enfance (livre 1) - Marcel PAGNOL

Titre : La Gloire de mon père (Souvenirs d'enfance#1)
Auteur : Marcel Pagnol
Édition : Éditions de Fallois
Nombre de tomes : 4
Date de parution : 1957
Nombre de pages : 216
Genre : Autobiographie
Décor : Marseille (FR)
Lu en : Août 2017

10♥/10

Quatrième de couverture : Marcel Pagnol raconte, en qualité de témoin, les personnages de son enfance et la vie dans la famille d'un instituteur d'Aubagne, qui va s'animer avec la location d'une bastide dans la garrigue de l'arrière-pays marseillais où ils vont passer les grandes vacances. Cette villa dont rêve Marcel depuis toujours se nommera la Bastide neuve, il y passera les plus beaux jours de sa vie.

On y voit comment le petit Marcel parvient à épanouir peu à peu sa personnalité, celle d’un fils aîné de Provence, passionné par la lecture et les aventures dans les collines, partagé entre son amour exclusif pour la belle couturière, éternelle jeune fille incarnée par Augustine, qui sera une mère tendre et discrète, et l’admiration pour son père, Joseph le maître d’école, anticlérical et anti-alcoolique, mais profondément humain. Il ne deviendra complètement son héros qu’en lui prouvant qu’il aime autant que lui ses chères collines, glorifié par un exploit de chasse. L’enfant se débat entre ses rêves et les découvertes parfois angoissantes de la réalité du monde où il vit : Les adultes peuvent aussi mentir...

Sentir qu’il est aimé et entouré, parvenir à être fier de ses parents et de lui-même est le défi même de cette belle et poignante histoire... à la fois unique et universelle.


Mon avis : Lecture magnifique ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. En fait, il s'agit de souvenirs d'enfance marquants, d'anecdotes du passé de Marcel Pagnol, racontés avec beaucoup d'humour, allant droit au but.

Nous vivons des moments privilégiés avec l'auteur, prenons part à ses jeux d'enfants avec son frère : chasse aux indiens, observation des insectes... J'ai ri de ces premières découvertes (aussi le déboutonnage de nombril) et de la façon qu'ont les enfants de prendre les adultes au mot. Puis les découvertes, les bêtises et les éclats de rire reprennent.

Cette histoire est touchante, belle, drôle et... tellement vraie ! Magnifique, j'ai adoré ! En plus, ça se lit très vite, alors aucune raison de ne pas vous lancer. ☺

Superbe, bien écrit, drôle et touchant. À lire !

samedi 25 février 2017

Le Cri de la mouette - Emmanelle LABORIT

Titre : Le Cri de la mouette
Auteur : Emmanelle Laborit
Édition : Pocket
Date de parution : 1994
Nombre de pages : 206
Genre : Témoignage, autobiographie
Décor : France
Lu en : Février 2017

7/10

Quatrième de couverture : Emmanuelle est sourde de naissance. Elle ne connaît qu'une chose : le silence. Pour s'évader de cette prison, elle se met à crier. Des cris d'oiseau de mer, disent ses parents. Jusqu'au jour où, à sept ans, « la mouette » découvre le langage des signes. La petite fille se transforme : le monde s'ouvre à elle... Elle sera comédienne puisque c'est son rêve le plus cher. Adolescente révoltée, Emmanuelle va lutter, souffrir et finalement gagner son combat : être actrice mais aussi plaider la cause de millions de malentendants. Pour que le monde des sourds ne soit plus le monde du silence.

« Pour moi, la langue des signes correspond à la voix, mes yeux sont mes oreilles. Sincèrement, il ne me manque rien. C'est la société qui me rend handicapée, qui me rend dépendante des entendants : besoin de se faire traduire une conversation, besoin de demander de l'aide pour téléphoner, impossibilité de contacter un médecin directement, besoin de sous-titres pour la télévision, il y en a si peu. Avec un peu plus de Minitel, un peu plus de sous-titres, moi, nous, les sourds, nous pourrions plus facilement avoir accès à la culture. Il n'y aurait plus de handicap, plus de blocage, plus de frontière entre nous. »


Mon avis : Le fabuleux témoignage d’Emmanuelle Laborit, sourde de naissance, qui nous raconte son intégration, sa découverte du monde, d’elle-même et les combats qu’elle va mener pour aider la communauté des sourds.

Ce témoignage est à mettre entre toutes les mains pour que tout le monde se rende compte de ce que c’est qu'être sourd. Forcément, lorsqu’on ne l’est pas, on ne peut pas réellement se mettre dans leurs chaussures. Tout au plus, on pourrait s’imaginer ne plus entendre, mais en réalité, la perception du monde par un sourd (surtout de naissance) est bien différente de la nôtre, même si l’on se bouchait les oreilles. C’est ce que ce livre m’a appris.

Pas de « super pouvoir », ni vraiment une sorte de nouveau sens, tout est plus subtil, et je n’avais même jamais pensé aux difficultés d’expliquer à un enfant qui n’a jamais eu accès à l’ouïe, et de même à l’écriture, comment lui communiquer certains concepts ou choses abstraites. Comment définir « hier », « demain », ou même « je » ? Comment entrer en contact, dialoguer, se faire comprendre. Découvrir le développement d’Emmanuelle depuis sa prime enfance est vraiment très intéressant.

De plus, nous apprenons de nombreux éléments sur la condition des sourds « à l’époque », à savoir lorsque la langue des signes était encore interdite et que les médecins et les enseignants la prohibaient, forçant les jeunes sourds à oraliser des sons qu’ils parvenaient à peine à former. Ils étaient portés par la vision de « Faites parler un sourd et il parlera ». Mais on apprendra au fil des pages, le besoin de pouvoir communiquer avec les siens, d’avoir une identité, une culture. La langue des signes devient la langue maternelle du sourd, qui pourra, à partir de là, apprendre beaucoup plus facilement le français, comme deuxième langue.

Emmanuelle répète que les sourds n’aiment en général pas trop lire, et beaucoup de gens lui ont répété qu’il serait impossible pour elle d’écrire un livre. Mais rien n’arrête notre Mouette qui a réussi à aller jusqu’au bout, à nous raconter sans honte ni tabou son histoire, à partager avec nous les détails de sa vie et son combat pour venir en aide aux sourds à une époque où ils étaient encore trop souvent laissés pour compte.

Une très belle histoire, sans apitoiement ni apologie de quoi que ce soit, juste un témoignage qui vient du cœur, qui peut ouvrir les yeux à certains, faire voir le monde différemment à d’autres, ou tout simplement fournir des éléments très instructifs qui viennent d’une personne qui sait ce que c’est, qui peut en parler, et réellement témoigner.

Je tiens à préciser que parfois, je trouve qu’elle se répète un peu, mais ce n’est très certainement pas ce que je vais retenir de ce beau témoignage qui touche au cœur.

Très beau témoignage d'une fille sourde de naissance, qui nous explique comment elle perçoit et arpente le monde

lundi 10 octobre 2016

Comme un poisson dans l'arbre - Lynda Mullaly HUNT

Titre : Comme un poisson dans l'arbre
Titre original : Fish in a tree
Auteur : Lynda Mullaly Hunt
Édition : Castelmore
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 307
Genre : Témoignage
Décor : USA
Lu en : Septembre 2016

6/10

Quatrième de couverture : Un poisson ne sait pas grimper aux arbres, mais ça ne veut pas dire qu’il est stupide pour autant.

Allie, 12 ans, a un secret inavouable, elle ne sait pas lire. Elle est parvenue à bien le cacher à l’école, mais cela lui pèse de plus en plus. Elle en a assez qu’on la prenne pour une idiote.

Tout change le jour où un nouveau professeur arrive : il s’intéresse à tous les élèves et essaie de comprendre les difficultés de chacun. Saura-t-il trouver une solution au problème d’Allie ? Comme un poisson dans l’arbre est également disponible dans une édition spéciale pour les lecteurs dyslexiques.

« J'ai l'impression d'être un poisson qu'on a mis dans une cage au lieu d'un aquarium. »


Mon avis : Allie est une jeune fille qui présente de grosses difficultés d’apprentissage. Elle se sent idiote, n’arrive pas à faire de progrès et avoue avoir mal à la tête quand elle lit tant elle a l’impression que les lettres dansent devant ses yeux. Un professeur finit enfin par s’intéresser à son cas et découvre qu’elle est dyslexique ; certes, c’est rassurant de savoir la raison d’un tel retard d’apprentissage, mais ce n’est pas pour autant que les choses seront faciles pour Allie, qui va devoir dépenser des trésors de concentration et de motivation pour parvenir à progresser.

Comme un poisson dans l’arbre est une sorte de témoignage sur la dyslexie, légèrement enrobée dans un récit romancé. L’idée est intéressante et je trouve bien que quelqu’un parle de ce trouble qui touche un grand nombre d’enfants. Certains passages sont émouvants et j’ai beaucoup apprécié le personnage du professeur Daniels (inspiré du professeur qui a aidé l’auteure à s’en sortir avec sa dyslexie). C’est agréable de voir qu’il existe encore des gens prêts à se décarcasser pour venir en aide aux autres.

C’est toujours délicat de critiquer un témoignage, mais je vais tout de même m’y atteler, car j’ai trouvé que l’auteure mettait beaucoup trop de thèmes « tabous » dans son livre. À croire que tous les élèves de la classe ont un problème ou un autre ; certes, c’est probablement le cas, mais je trouve qu’à force de vouloir aborder trop de sujets, on perd un peu la substance essentielle du récit.

Un autre gros problème à mes yeux, c’est l’âge des personnages, principalement des élèves. Je vois que la quatrième de couverture nous indique qu’Allie a 12 ans mais, sans cette information, je n’aurais pas pu définir son âge toute seule. C’est vraiment très étrange. Albert, l’un des élèves, passe pour celui qui ramène sa science, alors qu’en dehors de quelques grandes phrases, il a l’air sympathique. Il parle presque comme un jeune adulte, mais d’une façon vraiment pas crédible pour deux sous. On pourrait donc penser qu’il a 17 ou 18 ans par moments et en parallèle, il y a un prof. qui propose des activités de classe ultra basiques à ses élèves... Des activités que j’imagine peu adaptées à des enfants de plus de 7-8 ans. Je tiens tout de même à préciser que ce livre semble s’adresser à des jeunes lecteurs : même s’il est tout public, le vocabulaire et la syntaxe utilisés sont des plus simples.

Le point crucial de l’histoire met trop de temps à apparaître, même si c’est agréable de savoir comment Allie ressent sa situation en classe et avec ses amis.

Je pense que l’histoire plaira sans aucun doute à toute personne souffrant de dyslexie ou connaissant quelqu’un touché par ce trouble. Les émotions et pensées d’Allie sont émouvantes. De quoi sensibiliser les plus jeunes comme les moins jeunes à ce trouble très répandu et pourtant assez mal connu.

Recoommandation : Sympathique à lire, je recommande à ceux qui souffrent de dyslexie ou qui connaissent quelqu’un qui vit avec ce trouble, ainsi qu’à tous ceux qui veulent découvrir le témoignage d’une dyslexique qui a su se faire aider dans sa jeunesse, grâce à un professeur attentif et dévoué.

Sympathique et intéressant, mais il y a tout de même quelques grosses faiblesses dans l'écriture et l'histoire

lundi 12 septembre 2016

Les Trous du cul du monde - Tristan SAVIN

Titre : Les Trous du cul du monde
Auteur : Tristan Savin
Édition : Arthaud
Date de parution : Avril 2016
Nombre de pages : 235
Genre : Nouvelles / témoignage, voyage, humour
Décor : République dominicaine, Gambie, Mexique, Indonésie, Argentine, Kenya, Équateur, Maroc, Triangle d'or, Sénégal, Cambodge, Inde, Birmanie, Éthiopie, Galápagos, Russie, Géorgie, Tahiti, Polynésie, Brésil, Malaisie, Djibouti, Cuba, USA (Californie)
Lu en : Septembre 2016

5/10

Quatrième de couverture : Pour Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul du monde ». En trente ans de voyages lointains, ce drôle de curieux a eu l'occasion de vérifier cette assertion peu révérencieuse. Un trou du cul du monde (ou TDCDM, pour rester poli) désigne un lieu méconnu, de préférence sordide, voire hostile. Une ville oubliée des dieux, inévitablement galère. Un bout du monde, une zone frontière, un village fantôme, une mégalopole chaotique, un îlot paumé. La diversité des TDCDM est d'une richesse inépuisable... C'est surtout le genre de lieux où se produisent des phénomènes étranges. Une succession de malchances. Un enchaînement de catastrophes ! On sent que tout peut y arriver : devenir zinzin, se prendre le ciel sur la tête, assister en direct à la fin du monde... Les trous du cul du monde ont aussi la louable faculté de dévoiler au voyageur égaré tout un pan oublié de l'humanité... Zombies haïtiens, mère maquerelle des Galapagos, espion birman, petroleros d'Amazonie, racketteurs éthiopiens et dragons de Komodo... Les trente histoires de cet ouvrage vous invitent à embarquer pour le plus désopilant des tours du monde.

« On m’a proposé une chambre aux murs maculés de taches de sang. Devant mon air horrifié, la tenancière […] s’est contentée d’un mot, un seul, d’explication :
"Mosquitos." »


Mon avis : Selon Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul ». Il a passé des années à chanter les louanges des lieux paradisiaques du monde en tant que journaliste touristique, en omettant les endroits moins sympathiques qu’il considère comme des vrais trous du cul du monde. Dans ce livre, subtilement intitulé Les Trous du cul du monde, l’auteur a décidé de nous raconter les mésaventures qui lui sont arrivées dans ces fameux trous du cul. Problèmes, galères, animaux sauvages, insectes peu sympathiques, dangers et violences suivant les époques ou les populations, maladies et moult anecdotes du genre.

Bon, cela ne surprendra personne de savoir que j’ai pris ce livre à la bibliothèque à cause de son titre qui m’a bien fait rire. Je me suis dit que de découvrir ces trous pouvait être sympathique et le prologue contient quelques mises en garde de l’auteur qui m’ont vraiment fait rire, notamment sur le fait qu’il « se réserve le droit à la subjectivité la plus totale et revendique sa mauvaise foi et son humour douteux. » Ça, ça me plaît.

Je me suis donc lancée dans ces récits. Première impression qui m’est venue à l’esprit : les récits sont totalement décousus et relatent uniquement un ou deux éléments que l’auteur veut mettre en lumière. Du coup, ce livre ressemble davantage à un recueil de nouvelles. Pas un problème, mais je ne m’attendais pas trop à cela.

Bon, venons-en aux points les plus importants. Ce livre m’a fait nettement moins rire que ce que je pouvais penser. Il y a certes quelques piques bien trouvées qui m’ont fait rire, mais souvent, j’ai entendu un triste « ba dum tsss » qui se superposait sur une réplique qui tombait complètement à plat. Bien dommage, donc, parce que la moyenne générale de l’humour en prend un sacré coup.

Il y a un élément qui m’a rapidement insupportée c’est le fait que l’auteur nous rappelle à chaque fois qui est Patrick, à chaque fois qu’il apparaît dans un récit. Merci, c’est bon, j’avais compris la première fois…

Sinon, en ce qui concerne les lieux visités, je pense que le lecteur sera davantage attiré vers les lieux qu’il connaît plus ou moins. Par exemple, pour moi, il s’agit sans hésitation des deux récits sur le Mexique, forcément, parce que du coup je comprends vraiment les galères par lesquelles il est passé. Pour les autres, c’est vraiment pile ou face, certaines m’ont plu parce que les mésaventures sont vraiment drôles, ou liées à des événements culturels ou historiques très intéressants du pays et d’autres m’ont laissée complètement froide.

En gros, l’idée est très bonne, mais elle suit un schéma assez particulier qui n’est pas très « reader friendly » si je puis dire, et les histoires tellement personnelles qu’elles ne font pas toujours mouche ; pourtant, avec quelques pages d’explication de plus, je suppose que le tout aurait pu être nettement plus intéressant, parce qu’on voit que l’auteur a de très bonnes connaissances culturelles, historiques et géographiques et j’en voulais donc plus pour apprécier également les lieux que je ne connais pas. Son humour est très chouette à petite dose, mais il faut parfois mettre la pédale douce je suppose, pas parce que c’est lourd, mais bien à cause du fameux « ba dum tsss » cité un peu plus haut.



Sympa, mais peut mieux faire, l'humour ne fait pas mouche à tous les coups et la narration est un peu décousue

lundi 8 août 2016

Le Hibou et la Baleine - Nicolas BOUVIER

Titre : Le Hibou et la Baleine
Auteur : Nicolas Bouvier
Édition : Zoé
Date de parution : 1993
Nombre de pages : 57
Genre : Nouvelle, témoignage
Lu en : Juillet 2016

2/10

Quatrième de couverture : « Le hibou et la baleine sont pour moi des amis tutélaires qui remontent à l'Arche de Noé. Vous me direz que la baleine n'était pas dans l'Arche, c'est vrai ; elle batifolait autour avec cette anxiété maternelle des mammifères marins qui depuis toujours nous portent et témoignent une affection à laquelle nous ne comprenons goutte parce que nous sommes si cons. Quant au hibou, toujours perché sur la barre du gouvernail, son hululement faisait office de sirène et signalait les sommets à fleur d'eau ou les grosses souches à la dérive. Quatre mille ans ont bien pu passer, jamais aujourd'hui je n'entends son cri sans nostalgie et gratitude. »

NICOLAS BOUVIER a toujours souhaité éditer un album de textes et d'illustrations, comme un livre d'enfant, où il ferait découvrir les images qui l'ont accompagné dans son œuvre. Le voici. Il révèle avec humour son besoin de totems, aussi fort que celui d'un chasseur magdalénien, et sa longue activité d'iconographe.

PATRICIA PLATTNER a réalisé un film sur Nicolas Bouvier, sous le même titre.

« Quand je rencontre un nouveau visage, je n’ai pas de repos que je ne lui aie trouvé son animal, son homologue en physionomie dans les univers immenses de Cuvier, de Fabre ou de Linné. Ces apparentements, je ne sais pourquoi, me rassurent. » (p. 7)


Mon avis : Après avoir lu Le Poisson-scorpion, j’avais envie de découvrir un autre livre de l’auteur suisse romand Nicolas Bouvier. Ce titre m’avait tiré l’œil et intriguée.

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, mais vu le nombre de pages, j’ai supposé qu’il pouvait s’agir d’une nouvelle ou d’un recueil de nouvelles. C’est plus ou moins cela, Nicolas Bouvier a rédigé de petits textes, sortes de pensées, sur certains aspects de ses voyages et de ses découvertes. L’ouvrage est entrecoupé de dessins, photos, citations… Ce qui fait qu’on peut le lire en une vingtaine de minutes. J’ai été un peu déstabilisée, je ne pensais pas que ce serait aussi rapide.

Les nouvelles sont vraiment courtes, j’ai eu un peu de peine à saisir le fil à certains moments. Je ne suis pas habituée à ce genre de format, mais j’ai vraiment l’impression qu’on a publié le carnet de voyage de l’auteur dans lequel il consignait ses idées et ses pensées. L’effet donné est très réaliste, sorti tout droit du cœur, mais le revers de la médaille c’est que tout semble décousu, peu travaillé et laisse un goût d’inachevé.

Pas désagréable, donc, mais peu utile si je puis dire. Et en passant, les éditions Zoé osent vendre ce livre (au format cahier de voyage, qui compte une cinquantaine de pages avec des illustrations et qui se lit donc en une vingtaine de minutes) au prix de 34 CHF ! Y en a qui s’embêtent pas…

Très court et décousu, goût d'inachevé... Je vous conseille plutôt Le Poisson-scorpion de cet auteur.

jeudi 4 août 2016

Métaphysique des tubes - Amélie NOTHOMB

Titre : Métaphysique des tubes
Auteur : Amélie Nothomb
Édition : Le Livre de Poche
Date de parution : 2000
Nombre de pages : 156
Genre : Témoignage (auto-biographie romancée)
Décor : Japon
Lu en : Juillet 2016

1,5/10

Quatrième de couverture : « Ensuite, il ne s’est rien passé. »

(Alors ça, c'est la quatrième de couverture de l'édition que j'ai trouvée à la bibliothèque... On sent déjà que ça pue un peu, non ?)


Mon avis : Bon, je me suis forcée à aller jusqu’au bout afin de pouvoir clamer haut et fort que j’ai détesté de la première à la dernière page ! Il y a tellement à dire que je ne sais même pas par où commencer, mais j’ai vraiment eu l’impression d’avoir un ramassis de foutage de gueule sous mes yeux. Franchement, je me réjouis d’avoir pu emprunter ce livre à la bibliothèque, parce que payer pour un tel livre m’aurait fait mal à une certaine partie de mon anatomie.

Alors, en quelques mots, Métaphysique des tubes, c’est l’autobiographie d’Amélie Nothomb entre sa naissance et ses trois ans. Je n’ai même pas envie de creuser davantage parce qu’on touche déjà au gros problème de ce livre, qui n’a pour seule vocation que la prétention et le narcissisme de l’auteure. Et elle va loin ce coup-ci, elle parle d’elle à la troisième personne et se nomme tout simplement Dieu, quelle humilité. Manquerait plus qu’à mettre sa photo en couverture ! Oh… Wait…

Je pourrai donner des exemples à la pelle de passages qui m’ont fait hurler, mais je ne vais pas vous réécrire la totalité du livre. « J’avais déjà donné leur nom à quatre personnes ; à chaque fois, cela les rendait si heureuses que je ne doutais plus de l’importance de la parole : elle prouvait aux individus qu’ils étaient là. J’en conclus qu’ils n’en étaient pas sûrs. Ils avaient besoin de moi pour le savoir. » Tout va bien donc. « Vint enfin le jour de mes trois ans. C’était le premier anniversaire dont j’étais consciente. L’événement me sembla d’importance planétaire. » C’est juste insupportable à lire et tout le livre est comme ça ! Suites inlassables de ses exploits où elle montre bien qu’elle fait tout mieux et plus vite que tout le monde et en profite bien pour caser à tout moment des phrases pour rabaisser le lecteur. Malheureusement, il n’y a pas de manière classe de dire ça, mais en voilà une qui pète bien plus haut que son cul !

Venons-en au style si je peux appeler ça style. Lui aussi je l’ai trouvé insupportable… C’est peu travaillé, tellement plat qu’on se demande si ce n’est pas un peu fait exprès et elle aime placer çà et là un mot savant pompé à grand renfort de thésaurus je suppose pour montrer à quel point elle est tellement plus intelligente que le commun des mortels. Après tout, elle est Dieu et se compare à Jésus, qui suis-je pour douter de sa grandeur ?

Bref, cette lecture m’a horripilée et j’ai vraiment eu l’impression que la grande divinité Nothomb se plaisait à se foutre de ses lecteurs de Panurge. Non contente de ne parler que d’elle, de se porter aux nues en rabaissant tout autre être qui n’est pas elle et de nous offrir un texte peu travaillé et limite bâclé, elle arrive à nous proposer une phrase de fin absolument ridicule, que l’éditeur a repris pour sa quatrième de couverture, ce qui élève le tout à un niveau de foutage de gueule que je n’avais jamais vu avant.



Bref, j’ai perdu mon temps, j’ai tout détesté de A à Z et je mettrais volontiers mon premier 1/10, mais elle en serait trop contente je suppose, alors je lui donnerai un 1,5/10, je ne peux décemment pas aller plus haut ! Je ne supporte pas qu’on se moque impunément du monde.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins même au risque de déplaire à ceux qui ont aimé : c'est insupportable, j'ai détesté ! (Et quel culot !)

jeudi 14 juillet 2016

Le Poisson-scorpion - Nicolas BOUVIER

Titre : Le Poisson-scorpion
Auteur : Nicolas Bouvier
Édition : Folio
Date de parution : 1982
Nombre de pages : 173
Genre : Témoignage, voyage
Décor : Sri Lanka
Lu en : Juin 2016

8/10

Quatrième de couverture : Ce pourrait être le récit d'un séjour exotique, c'est le voyage d'un homme arrivé à Ceylan après un long périple, pour achever le voyage intérieur au bout de lui-même. Le narrateur fait lentement naufrage, enlisé dans la solitude et la maladie, frôlé par la folie. Et là, sous l’œil indifférent des insectes qui se livrent autour de lui à d'effroyables carnages, et des habitants qui marinent dans leur chaleur comme un sombre bestiaire fainéant, l'auteur reconstruit, avec patience et ironie, un monde luxuriant et poétique. Au fil des chapitres, il observe et nous apprend à voir le spectacle mystérieux de ce monde des ombres d'où émergent d'étonnants portraits. Ainsi le lecteur participe à une sorte d'envoûtement dans ce récit bourré comme un pétard d'humour de sagesse et d'espoir.

« On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu’on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. »


Mon avis : Nicolas Bouvier est un auteur suisse que j’ai découvert durant ma dernière année de matu (puisque Le Poisson-Scorpion était un livre imposé). J’avoue déjà que ça fait plaisir de lire des auteurs de la région, surtout quand ils ne courent pas les rues. C’est un livre que j’ai beaucoup apprécié analyser en classe (heureusement, pas trop non plus, car beaucoup de profs savent nous dégoûter rapidement).

Je viens de le relire sur un coup de tête et j’avoue que même si je me rappelais plus ou moins de l’histoire, je me rends compte que certains éléments m’avaient beaucoup marquée alors que finalement ils ne sont pas aussi présents que dans mon souvenir.

Dans Le Poisson-scorpion, nous découvrons Nicolas Bouvier lors d’un voyage au Sri Lanka. Il nous raconte son passage sur l’île dans laquelle il a dû rester plusieurs mois pour cause de maladie. Son voyage aux senteurs de cannelle, de citronnelle, de thé et de curry, aux effluves de thé dans une chaleur étouffante quelquefois agrémentée de la pluie des moussons, où se mêlent diverses croyances, magies, langues, religions et système de caste ne se passe pas comme prévu.

En effet, il ne sait trop pourquoi, mais il tombe malade et se retrouve alité, isolé dans sa petite chambre, en proie à des délires fiévreux et à la chaleur torride. La folie guette et il commence à ne plus pouvoir penser à autre chose qu’aux insectes qui partagent sa chambre. Ce petit peuple devient sa seule compagnie et les histoires qu’il s’imagine, une représentation de ses délires.

« D’un cancrelat sur le dos, autant dire qu’il est perdu et qu’il le sait. Il faut voir cet abdomen palpitant offert à la vigilance de tous les dards, pinces, mandibules, appétits qui mettent tant d’animation dans ce logis ; battement des pattes qui télégraphient des mélancoliques adieux, la panique convulsive des antennes alertées par le frôlement d’un rôdeur qui s’approche ou par le vol irrité de la guêpe ichneumon qui cherche justement un garde-manger pour y pondre ses œufs. Il y a plus de monde qu’on ne l’imagine dans cette chambre où je me sens pourtant si seul. [...] La vie des insectes ressemble en ceci à la nôtre : on n’y a pas plutôt fait connaissance qu’il y a déjà un vainqueur et un vaincu. »

J’ai beaucoup apprécié les pointes d’humour glissées au fil des pages, permettant d’amener un peu de légèreté à cette ambiance « plombante » (chaleur qui empêche de réfléchir, maladie qui oblige à garder le lit, solitude...).

Finalement, ce petit livre nous en apprend beaucoup sur le Sri Lanka et sur un pan du voyage qu’on ne met que rarement en avant : la maladie. Un sujet qui pourtant doit toucher beaucoup d’explorateurs et de voyageurs.

Une lecture qui m'a beaucoup plu, d'un auteur suisse romand, suffisamment rare pour le soulever. À découvrir

jeudi 9 juin 2016

Le Faucon afghan, voyage au pays des turbans noirs - Olivier WEBER

Titre : Le Faucon afghan, voyage au pays des turbans noirs
Auteur : Olivier Weber
Édition : Robert Laffont
Date de parution : 2002
Nombre de pages : 279
Genre : Témoignage, voyage
Décor : Afghanistan
Lu en : Juin 2016

7/10

Quatrième de couverture : De Kaboul à Kandahar, en passant par Ghazni, Olivier Weber part sur les traces du faucon afghan, de plus en plus rare dans la région. Mais c'est en réalité le monde taliban qu'il finit par découvrir, aux côtés de Zahir, le jeune " turban noir " fumeur de haschich, qui l'escorte et le surveille. Au milieu de paysages à couper le souffle, où le sable, le roc et la neige se côtoient, où d'antiques citadelles témoignent des combats de l'Afghanistan, de Gengis Khan aux Soviétiques, Olivier Weber entame un voyage au bout de l'absurde. Le pays aux mains des Talibans est en effet devenu l'un des plus intégristes au monde, prônant une pureté absolue, à coups de nerf de boeuf, d'amputations ou d'exécutions publiques. A la rencontre des différentes ethnies afghanes - tadjiks, pachtounes, ouzbeks ou encore hazaras - et de personnages attachants, Olivier Weber nous plonge au cœur d'une culture millénaire et parvient à expliquer la folie des Talibans.

« [Ils] se saisissent du coupable, un voleur de montres et d’une somme d’argent non négligeable, l’anesthésient au niveau du bras, lui garrottent l’avant-bras, découpent au scalpel son poignet, puis jettent la main sanguinolente au milieu du terrain, comme s’il s’agissait d’un début de match, dans un murmure de ravissement qui ondule sur les gradins. Un garde gras et en chemise blanche se penche et s’empare alors du membre amputé pour se promener, hilare devant le public déchaîné, de plus en plus hystérique, les narguant "qui veut la main ?" [...] »


Mon avis : Le Faucon afghan est le témoignage du voyage d’Olivier Weber en Afghanistan, sur la piste de faucons de la région, mais il va côtoyer davantage les talibans que les rapaces qu’il était venu chercher. Son récit est entrecoupé de passages plus historiques où on en apprend plus sur le passé du pays (notamment sur Genghis Khan). J’ai trouvé ces passages intéressants, mais malgré tout un peu difficile d’accès pour qui ne connaît pas grand-chose à ce pays. Mais c’est justement pour en apprendre plus que j’ai choisi ce livre.

J’ai été étonnée de découvrir des paysages que je n’aurais jamais pu imaginer. C’est vrai que quand j’y réfléchis, je n’ai jamais vu de photos de l’Afghanistan mis à part les tristes plans de guerre auxquelles on a droit aux infos. Un pays où la beauté des montagnes rouges et des champs de pavot se mêle aux guerres, vendettas, trafics de drogue, lapidations, etc. Et où loi coranique poussée à l’extrême des talibans sévit, où le statut des femmes est inexistant et où on règle les problèmes à coups de membres amputés ou de dédommagements financiers.

Un livre intéressant, mais parfois un petit peu difficile à suivre, surtout pour ce qui est des passages historiques du pays. J’en ai certes appris beaucoup, mais je suis parfois restée un peu en marge à cause de mon manque de connaissances sur le sujet.

Lecture pour : Ceux qui souhaitent en apprendre plus sur l’Afghanistan et sur les talibans. Il faut néanmoins garder à l’esprit que les passages historiques peuvent être difficiles d’accès, car assez peu détaillés pour les non-initiés.

Intéressant mais un peu difficile d'accès par moments.

vendredi 12 février 2016

Le Pull-over rouge - Gilles PERRAULT

Titre : Le Pull-over rouge
Auteur : Gilles Perrault
Édition : Édiitions Ramsay
Date de parution : 1978
Nombre de pages : 441
Genre : Témoignage
Décor : France
Lu en : Février 2016

10/10

Quatrième de couverture : Christian Ranucci, vingt-deux ans, a été guillotiné le 28 juillet 1976 à 4h13 dans la cour de la prison marseillaise des Baumettes.
Était-il coupable ou innocent ?


Mon avis : Ce livre est en fait une histoire vraie, qui a fait couler beaucoup d’encre en son temps.

Marseille, juin 1974, une fillette est enlevée et est retrouvée morte deux jours plus tard. Tout semble montrer que Christian Ranucci est le coupable. Tout ? Apparemment non, et c’est là où le bât blesse... Malgré cela, il passe deux ans en prison, jusqu’à ce que le verdict tombe : Christian est condamné à mort ; le 28 juillet 1976, il est guillotiné. (Il est l’un des derniers condamnés à mort en France.)

Gilles Perrault revient sur cette histoire qui fait montre d’une grande part d’ombre, de doutes et comporte son lot de problèmes : incohérences, simples coïncidences, procédures non respectées, procès-verbaux mystérieusement absents, témoins non entendus, preuves mises de côté, presse pas toujours bien informée et trop pressante... On comprend que ce méli-mélo ait fait couler autant d’encre à l’époque, et, puisque la culpabilité ou l’innocence de Christian Ranucci n’a toujours pas été prouvée à ce jour, le débat est encore ouvert.

Le Pull-over rouge est un témoignage (qui semble*) criant de vérité, principalement parce que l’auteur a choisi de ne pas (trop) novelliser l’histoire et utilise le plus souvent des citations reprises de l’instruction, des procès-verbaux, de la presse ou de la correspondance que Christian a eue avec sa mère et ses avocats.

Le tout est donc (censé être*) le reflet des faits et de la réalité. Lire des procès-verbaux ou témoignages d’avocats qui expriment clairement qu’à plusieurs reprises les droits de Christian n’ont pas été respectés, que des procédures n’ont pas été faites dans les règles de l’art et que certains témoins ou éléments ont volontairement été mis de côté est absolument effarant... Souvent j’ai eu de la peine à me rappeler que tout cela était vrai et que malgré tous les vices de procédures présentés, Christian Ranucci a été condamné à mort...

Parmi ces preuves gênantes qui n’ont pas été résolues : un pull-over rouge, retrouvé sur la scène de crime. Il n’appartient pas à Christian et plusieurs témoins ont dit l’avoir vu porté par un autre homme, qui avait essayé d’enlever plusieurs enfants dans le voisinage... Troublant non ? Et pourtant, cela n’a pas empêché le couperet de tomber.

Innocent ou coupable ? Aujourd’hui encore, les preuves manquent... Mais ce livre fait vraiment réfléchir, sur de nombreux sujets (peine de mort, vices de procédure, influence des médias et bien d’autres).

Pour apprécier pleinement ce livre, il faut savoir plus ou moins de quoi il retourne. Ce cas a défrayé la chronique et ce livre a paru peu de temps après. Je pense qu’il faut se (re)mettre plus ou moins dans le bain pour bien saisir tous les aspects que présente ce livre. (Ma maman s’en est chargée pour moi, ça fait des années qu’elle me parle de ce cas.)

Ce livre est puissant, poignant et profondément perturbant ! (Essayez de dire ça sans postillonner.) Le langage juridique est parfois un peu lourd, mais rend le tout extrêmement réaliste, on voit que l’auteur ne se perd pas en conjectures, on s’y fait très vite.

*Temporisation volontaire : il s'agit de mon sentiment vis-à-vis de l'écrit, je ne me prononcerai pas quant à la réalité des faits.

Lecture pour : Dès le moment qu’on a la maturité nécessaire pour lire l’instruction et le procès d’un condamné à mort (tout en se rappelant qu’il s’agit bel et bien d’une histoire vraie). J’en ai encore froid dans le dos...

As-t-on guillotiné un innocent ? Un doute qui persiste aujourd'hui encore...

samedi 2 mai 2015

Un Chat des rues nommé Bob - James BOWEN

Titre : Un Chat des rues nommé Bo
Titre original : A Street Cat named Bob
Auteur : James Bowen
Édition : Hodders
Date de parution : 2012 en Vo, 2014 en FR
Nombre de pages : 288
Genre : Témoignage
Décor : Londres, Australie
Lu en : Avril 2015

9/10

Quatrième de couverture : James Bowen est un ancien drogué. Élevé en Australie par une mère aimante mais dépassée, James s'était réfugié dans la drogue et va de rémission en rechute, souvent accompagné par son amie Belle. Quand l'un s'en sort, l'autre replonge. Mais il s'accroche une dernière fois à la vie et décide sur un coup de tête de s'installer en Angleterre pour réaliser son ultime rêve : jouer dans un groupe. Hélas, de groupe il ne rencontre que ceux des SDF : James fait la manche dans la rue.

Un jour, sur le palier de son minuscule studio en banlieue de Londres, il tombe sur un chat qui s'est battu, gravement blessé. James décide de le faire soigner et laisse une fortune au vétérinaire mais une seule chose compte : Bob semble tiré d affaire. À Covent Garden, James emmène son nouveau compagnon félin, qui devient bientôt une attraction partout où il chante. Mais leur duo ne pourra pas continuer : James est arrêté par la police. On lui reproche d avoir agressé verbalement un contrôleur dans le métro. Le seul point de repère de James lorsqu'il sort de prison, c'est son chat. James tente de se reconnecter socialement, il reprend contact avec sa mère en Australie. Vendeur de journaux à la criée devant les sorties de métro, il remporte un succès fou, surtout parmi les filles, qui s arrêtent pour caresser Bob et acheter un journal. Et c'est la célébrité qui attend ce beau matou, filmé par tous les touristes qui traversent Piccadilly, star de YouTube.
Plus que tout, c'est le récit d'une véritable amitié que James nous livre ici.


Mon avis : Je crois que la quatrième de couverture en dit déjà pas mal. Toute l’histoire tourne autour de la rencontre entre James Bowen et Bob. Le premier est un drogué, qui vit dans un appartement protégé et qui tente de gagner sa vie en allant faire la manche avec sa guitare. Le second est un chat, qui se retrouve un jour dans l’immeuble de James, salement blessé, affamé et dans un état assez pitoyable. Bien que James ne soit pas capable de s’occuper de quelqu’un d’autre que lui, il prend Bob sous son aile. Peu à peu, ils vont se reconstruire, ensemble. Réussissant à trouver de l’espoir dans les rues de Londres… Comme quoi, à deux, on est plus forts.

Ce livre est une ode à l’amitié. Une histoire pleine d’espoir et de tendresse entre un homme et son chat. Bob est un chat particulier, on s’en rend bien vite compte au fil des pages. Il aime être dehors, suit James partout et va, à sa manière, l’aider à sortir du gouffre dans lequel il est tombé. Bob est d’ailleurs célèbre sur Internet, on trouve des centaines de photos de lui, accompagné de son ami James. Si ce livre n’était pas une autobiographie (et sans les photos à la clé) je pense que j’aurais mis en doute certains détails, tellement Bob semble intelligent et doté de sentiments digne d’un humain. Et pourtant ! Tout est vrai, Bob est tout simplement un chat hors du commun, il faut voir la vérité en face, et reconnaître que cette rencontre est un petit miracle.

J’ai vraiment adoré cette histoire, elle est touchante et écrite avec le cœur. Bob est un chat exceptionnel, la vraie star de ce roman. Mais bien sûr, il ne faut pas non plus oublier James, qui, malgré les difficultés qu’il traversait, a tout donné pour sauver ce chat auquel il s’est instantanément attaché. Un homme courageux qui a le cœur sur la main. Je suis heureuse qu’il ait réussi à remonter la pente ainsi. J’espère de tout cœur que lui et Bob pourront vivre la belle vie qu’ils méritent. Et quelle joie de pouvoir partager avec eux les moments durs comme les plus beaux.

Par contre, je tiens à dire que je ne comprends pas trop pourquoi la quatrième de couverture met tellement en avant l’altercation que James a eu avec la police, parce qu’au final, même si elle est importante, ce n’est vraiment pas un élément central à l’histoire.

Et voilà le beau Bob en train de faire la promo du livre. :D

Une histoire vraie et émouvante d'un homme et d'un chat qui trouvent l'espoir dans les rues de Londres.

dimanche 28 septembre 2014

Journal d'un enlèvement - Gabriel GARCIA MARQUEZ

Titre: Journal d'un enlèvement
Titre original: Noticia de un Secuestro (espagnol LA)
Auteur: Gabriel Garcia Marquez
Édition: Debolsillo
Date de parution: 1999
Nombre de pages: 317
Genre: Témoignage, ~historique
Décor: Colombie (90's)
Lu en: janvier 2014

8/10

Quatrième de couverture: Entre août 1990 et juin 1991, le « Cartel de Medellin » fait enlever et séquestrer huit journalistes colombiens. Son but : empêcher l’extradition de plusieurs narco-trafiquants vers les États-Unis. Le drame se dénouera avec la reddition du chef du Cartel, mais deux otages – deux femmes – auront été abattus. C’est cette histoire d’un affrontement décisif entre un gouvernement démocratique et la mafia la plus puissante de ce temps, véritable État dans l’État, qu’a choisi de conter le romancier de Cent Ans de solitude, prix Nobel de littérature en 1982. S’appuyant sur les témoignages des protagonistes – en particulier une femme, Maruja Pachon, et son mari, Alberto Villamizar, dont le rôle sera décisif – le grand romancier du « réalisme magique » dépeint ici une réalité qui, pour une fois, dépasse la fiction. Les otages et leurs familles, les policiers, les tueurs et les hommes de main, le Président et ses conseillers, les journalistes jouent tour à tour ou simultanément leur rôle dans une négociation difficile, à l’issue incertaine, donnant à cette chronique de morts conjurées la tension haletante d’un thriller.

« De todos modos, ver aquel programa en el cautivero era como estar muertos y ver la vida desde el orto mundo sin participar en ella y sin que los vivos lo supieran. »

 
Mon avis: Le livre nous présente la prise d’otage de huit journalistes par le Cartel de Medellin, en Colombie. Nous plongeons dans la vie quotidienne de ces huit personnes jusqu’à la fin de leur séquestration, qui arrivent au compte-goutte au fil des négociations entre les hommes de main d’Escobar et le gouvernement colombien. Nous découvrons leur nouveau monde respectif, qui se résumera pour la plupart à une simple pièce, sous escorte continuelle et avec de nombreuses contraintes. Certains seront agencés en groupes de deux ou trois et ne seront donc pas seuls face à leurs gardiens, d’autres n’auront pas cette chance. Leur seul espoir et contact indirect avec le monde extérieur se fera via la presse ou des émissions télévisées, grâce auxquelles leurs proches pourront leur envoyer leur soutien, jusqu’au dernier moment. Parmi les huit journalistes, deux n’auront pas la chance de retrouver leur liberté et seront finalement tué par le Cartel, les six autres seront libérés après de nombreux mois de captivité.

Cette histoire est incroyablement touchante et c'est ce que j'ai particulièrement apprécié. Personnellement, je ne connaissais que très peu la situation en Colombie à l’époque d’Escobar et je n’avais jamais entendu parler de ces enlèvements. En lisant un tel récit, il est tout bonnement impossible de ne pas s’attacher aux protagonistes et on ressent immanquablement une certaine gêne de rentrer de la sorte dans la vie de personnes qui ont réellement existé et de les accompagner dans leurs tourments jusqu’à leur dernier souffle ou leur libération. Je pense que le fait que je ne connaissais pas leur existence avant de lire ce livre est la chose qui m’a gênée le plus ; ce récit n’est pas juste une histoire comme une autre… Ce n’est pas une fiction, c’est la réalité ! Et c’est là la force de cette histoire : la volonté des survivants de se rappeler de leurs amis décédés, leur désir de dénoncer leurs bourreaux et les conditions de vie dans lesquelles ils ont été plongé, impuissants, pendant de nombreux mois, leur besoin de pouvoir finalement apporter la lumière sur tout ce qui s’est réellement passé, après de nombreux mensonges pour protéger leurs amis encore captifs, sans oublier les récits de toutes les personnes qui ont participé aux négociations de libération des victimes et qui ont envie de faire savoir le rôle qu’ils ont joué dans cette affaire. Tout cela est d’une sincérité troublante, que j’ai particulièrement appréciée.

Le seul petit problème de cette histoire est qu’elle compte au final tellement de personnes impliquées que certains passages sont vraiment flous. Il est en effet quelques fois un peu difficile de suivre les situations qui se passent surtout en dehors des lieux de séquestration, car il y a vraiment beaucoup trop de personnes qu’on ne connaît pas et qui n’apparaissent que quelques instants dans le livre. De plus, les noms sont aussi assez compliqués, quelques fois des surnoms sont utilisés ou uniquement le nom de famille, ce qui n’est pas très clair vu le nombre de personnages et certains noms se ressemblent tellement (notamment avec deux des journalistes enlevées au même endroit : Maruja et Marina) qu’il est aussi parfois difficile de savoir de qui on parle. Si ce livre avait été une fiction, j’aurais conseillé à l’auteur de choisir des noms plus distincts… Bien sûr, vu qu’il ne s’agit pas d’une fiction, il est normal de garder les vrais noms des personnes impliquées dans l’histoire, mais il est vrai que la compréhension de l’histoire en est quelques fois malheureusement un peu affectée.

Je trouve que le début du livre est un peu trop basé sur les comptes-rendus que les protagonistes ont fait à l’auteur, et de ce fait, le premier tiers du livre n’est presque qu’une description des faits, un peu trop longue à mon goût et assez impersonnelle. Mais les premiers chapitres passés, l’histoire se centre davantage sur les journalistes séquestrés, avec plus de dialogues et plus de ressentis personnels, qui nous permettent vraiment de vivre le calvaire de la captivité à leurs côtés, de les comprendre et pour finir de souhaiter autant qu’eux leur libération ou leur mort, peu importe tant que leur enfer se termine…

Pénétrez au cœur d'un enlèvement par le cartel des narcotraficants en Colombie 
 
 
 

Je n'ai rien oublié - Martin SUTER

Titre: Je n'ai rien oublié
Titre original: Small World (allemand CH)
Auteur: Martin Suter
Édition: Points
Date de parution: 1997 / 1998 VF
Nombre de pages: 384
Genre: Roman / ~témoignage
Décor: Suisse / Italie / Grèce (actuel)
Lu en: mars 2014

9/10

Quatrième de couverture: À 60 ans, Conrad Lang vit aux crochets d'une riche famille qui l'a recueilli enfant et l'emploie aujourd'hui comme gardien. Un soir, il met accidentellement le feu à leur villa. Ce sont les premiers symptômes d'un mal mystérieux, qui va avoir d'autres conséquences troublantes. Au fur et à mesure que sa mémoire proche est engloutie, des souvenirs que certains espéraient enfouis à tout jamais resurgissent peu à peu.

Mon avis: Je n’ai rien oublié raconte l’histoire touchante de Conrad Lang, un homme d’une soixantaine d’années qui commence à souffrir de la maladie d’Alzheimer. Le lecteur est plongé dans son quotidien qui devient de plus en plus pénible au fil des pages. Ce sont d’abord de petits oublis innocents, sans trop de gravité, et on se laisse convaincre par Conrad et comme lui, on finit par penser que ces petits trous de mémoire sont normaux. Après tout, il n’est plus tout jeune et il arrive sans difficulté à tromper le lecteur et ses amis, se trouvant des excuses à chaque fois. Mais petit à petit les crises s’intensifient et nous partageons le désarroi et la peur dans les gestes et paroles de ce pauvre homme qui se rend compte que sa mémoire défaille et finit parfois par le mettre en danger.

Les descriptions du ressenti de Conrad sont si précises et intenses que l’on s’attache très vite à lui, on essaie de le comprendre, on s’imagine dans les mêmes situations que lui et on se finit par se ressentir de la peine et beaucoup de compassion à son sujet. Très vite, on a envie de tout lui pardonner et de lui venir en aide. Ce que je trouve très intéressant, c’est que presque tout le monde connaît une personne de son entourage qui souffre également de cette terrible maladie sans pour autant montrer autant de compassion à son égard. Je pense que c’est l’extrême tendresse avec laquelle est écrit ce livre qui nous fait nous rendre compte de ce que peut vivre et ressentir un malade d’Alzheimer, nous donnant la volonté de l’aider et de le protéger. Perdre complètement son orientation dans un magasin pourtant connu, ne plus reconnaître ses proches, oublier sa casserole d’eau sur la cuisinière et risquer de mettre le feu à son appartement… Autant de situations que souvent les proches ne comprennent pas et finissent par reprocher au malade. Il est difficile d’imaginer à quel point ce dernier doit se sentir seul, désemparé et lâchement abandonné par son cerveau défaillant lors de ses moments de lucidité. C’est vraiment cet aspect qui m’a plu dans ce livre : on s’attache à Conrad, cet homme si gentil qui ne mérite pas tout ce qui lui arrive. Après avoir lu un tel livre, on sent qu’on ne pourra plus jamais regarder un malade d’Alzheimer avec indifférence, parce que l’on a pu avoir un aperçu de l’enfer qu’est son quotidien.

En plus de l’aspect « humain » mis en avant avec brio tout au long de l’histoire, Je n’ai rien oublié contient une sous-intrigue plus romanesque : la jeunesse de Conrad. Nous apprenons rapidement que ce dernier a été pris sous l’aile d’une riche famille, qui l’élèvera un peu comme leur fils du même âge, Thomas, en montrant toujours un certain désintérêt pour Conrad. Ce dernier s’est toujours contenté de suivre son « frère » comme un petit chien. Sa maladie naissante affectant ses souvenirs immédiats, Conrad va inconsciemment se replonger dans des souvenirs très lointains. Des souvenirs de famille, des moments passés à l’école, divers jeux avec son frère… Mais quelque chose semble clocher et comment pourrait-il se rappeler ces souvenirs oubliés de tous dans sa condition ? Ces passages plus fictifs se mêlent agréablement et en douceur au quotidien de Conrad et au message d’humanité que Martin Suter souhaite passer.

Une lecture passionnante et très enrichissante, aux descriptions vibrantes de réalisme et profondément touchantes, que je recommande à tous. 
 
 
 

samedi 23 août 2014

Sur la route - Jack KEROUAC

Titre : Sur la route
Titre original : On the Road
Auteur : Jack Kerouac
Édition : Folio
Date de parution : 1957
Nombre de pages : 436
Genre : Autobiographie
Décor : USA
Lu en : Août 2014

2/10

Quatrième de couverture : "Sur la route" est le livre clef de la beat generation. C'est le récit des errances de l'auteur (Jack Kerouac porte le pseudonyme de Sal Paradise) sur les routes américaines. Voyageant en auto-stop, logeant chez qui l'accepte, partageant femmes et alcool avec des amis d'un jour, Kerouac s'abandonne à la loi du hasard, à la recherche d'une fraternité réelle. "Sur la route" est le compte rendu de cette quête, de ses moments d'euphorie, mais aussi de ses passages à vide et ses échecs.

Mon avis : Que dire de Sur la Route… Tout est dans le titre je crois : Jack Kerouac a décidé de transmettre son histoire en écrivant le récit de sa jeunesse, quand il partait en virées sur la route avec une bande d’amis pour sillonner l’Amérique avec eux. Avec l’avis très négatif qu’Enorah avait émis, j’ai tout de suite pensé que j’allais probablement détester ce livre. Toutefois, comme elle avait ajouté, vu que j’aime beaucoup voir du monde, que je serai peut-être plus sensible qu’elle à certains aspects de cette lecture. Ce ne fut pas vraiment le cas, car les passages que j’ai apprécié où il décrit les lieux qu’il découvre sont beaucoup trop rares et beaucoup trop courts. A croire que les descriptions des taudis où il passe certaines nuits ou participe à des fêtes endiablées sont bien plus importantes que la découverte de tous les endroits magnifiques qu’il traverse… Autant dire que j’ai été déçue de voir la petite étincelle d’espoir d’avoir une chance d’apprécier un peu cette lecture s’éteindre.

D’habitude, je commence toujours par critiquer le fond, avant de critiquer la forme, parce que je me dis qu’un livre même bien écrit ne vaut absolument rien si l’histoire ne tient pas debout, alors qu’il m’est arrivé d’éprouver une certaine tendresse pour des histoires magnifiques dont l’écriture n’était pas formidable… Toutefois, dans le cas de Sur la Route je suis obligée de commencer par la forme, car même avant de parler de l’écriture en tant que telle, il y a déjà un élément que j’ai tout simplement détesté et qui a méchamment fait souffrir mes yeux : la mise en page inexistante de la version que j’avais entre les mains ! J’avais été prévenue qu’il existait deux versions : la version originale, qui ne contient ni chapitre, ni paragraphe, ni même de retour à la ligne dans les dialogues et une version « améliorée » où tous ces éléments ont été corrigés, probablement pour éviter au lecteur d’avoir les yeux qui saignent après trois pages. Malheureusement pour moi, c’est la première version que j’ai trouvée, mais je me suis dit qu’après tout, si c’était comme ça qu’il avait voulu l’écrire, ça pouvait être intéressant de le lire comme ça. Et bien non, c’était une grosse erreur de ma part ! Ce n’était pas intéressant, ça n’apporte rien, si ce n’est un élément négatif de plus à ajouter dans les raisons qui m’ont fait détester ce livre.

Je tiens à préciser que cette mise en page n’est pas seulement pas très agréable à lire, mais rend également certains passages presque incompréhensibles. Je pense ici notamment aux dialogues, où on ne sait plus qui parle à qui après le premier échange et où des petits « dit-il » sont ajoutés entre les phrases sans trop savoir si le protagoniste continue de parler ou si la parole passe à son acolyte. Cela m’amène tout logiquement à un autre problème, qui n’aide pas à apprécier la lecture : la quantité abracadabrante de personnages qui se ressemblent tous et qu’on finit très rapidement par confondre ou tout simplement oublier avant de les retrouver parfois 150 pages plus loin… Certains me diront peut-être qu’il faut avoir un petit papier avec les noms des personnages à côté pour savoir qui est qui, mais non, quand je lis un livre, c’est typiquement le genre de chose que je ne vais pas faire, surtout pour un livre de cette taille-là. (Pas comme pour le cas de Game of Thrones ou du Seigneur des Anneaux où je peux vraiment comprendre l’utilité d’un tel aide-mémoire, même si pour le coup, l’idée ne m’enchante guère plus.) Alors oui, je comprends, Kerouac a plein d’amis (plus si affinité), et je suis bien contente pour lui, mais ce n’est pas une raison pour tous les faire apparaître dans son livre, parce qu’il faut être honnête, il y en a un sacré tas qui ne sert à rien.

Certains y verront peut-être un « style personnel » de l’auteur, une volonté de raconter son histoire telle qu’elle est, « sur la route avec ses potes », sans prendre le temps de faire des fioritures. Je n’ai pas vraiment retrouvé de patte derrière ces phrases mises bout-à-bout sans grand intérêt. Pour ceux qui ont aimé, je peux vous conseillez mes albums photos/ récits de voyages, qui sont un peu de la même trempe… Sauf que moi, j’ai fait des paragraphes, la mise en page est correcte et je ne présente pas l’intégralité des gens que j’ai rencontrés sur place. C’est peut-être un peu rude comme façon de voir les choses, mais j’ai presque l’impression d’avoir moins bâclé mon travail que lui. J’ai lu quelque part qu’il a rédigé toute son œuvre en quelques semaines, ce qui a l’air d’être un record. Peut-être, mais ça ne m’a que confortée dans ma pensée qu’il avait bâclé tout ça en moins de deux. Alors de là à appeler son bâclage un style, j’ai de la peine…

Venons-en au contenu réel du livre : son histoire ! J’ai déjà évoqué le fait que je n’avais pas retrouvé les éléments qui auraient pu me faire voyager à ses côtés, mais avec tout ce qu’on dit sur la génération « beat » décrite dans ce livre, j’aurai pu apprécier cet aspect malgré l’absence des descriptions qui auraient pu me faire rêver. Là encore, grosse déception… Je ne savais pas exactement ce qu’était la génération « beat », mais autant dire que je n’ai pas du tout été attirée par cette première découverte. Tout au long de l’histoire, on a droit aux récits de grosses beuveries, de fumettes, de parties de jambes en l’air plus malsaines les unes que les autres et de problèmes d’argent. Je ne suis pas facilement impressionnable, mais j’ai presque été un peu choquée par tous ces éléments. J’ai trouvé ce mode de vie triste et absolument vide de sens, des jeunes gens désœuvrés qui n’ont pas l’air d’avoir envie de sortir du trou qu’ils se creusent.

Ce qui m’a le plus dérangée je crois, c’est que durant quelques brefs moments, j’ai envié Kerouac et son insouciance et son courage de partir à l’aventure quand il veut, où il veut, sans rendre de compte à personne, capable de se relever à chaque fois en trouvant un petit boulot çà et là. Mais rapidement, je me suis rendu compte que premièrement, nous ne vivons pas à la même époque lui et moi, et aujourd’hui, il n’est pas vraiment possible de partir à l’aventure de la sorte. En fait, c’est cela que j’envie, cette belle époque où il était possible de faire du stop sans trop risquer sa vie, pouvoir vivre ses rêves et s’établir n’importe où en sachant qu’on y trouvera facilement un petit boulot et un endroit pour vivre. Dès que j’ai réalisé que c’était cette époque qui me faisait ressentir ça et non les agissements de Kerouac, je me suis rendu compte que ce que je prenais pour de l’insouciance était de l’inconscience et son courage, un mélange d’égoïsme et de volonté de fuir. J’ai eu envie de lui tordre le cou quand plusieurs fois il a dépensé son dernier sou pour se souler et faire la fête. A croire qu’il n’apprend jamais la leçon, vu qu’il arrive toujours se relever, mais cela tient plus de la chance que de la réelle volonté de s’en sortir… Alors bon, dans son cas, j’aurais été plus prévoyante et n’aurait jamais dépenser mes dernières économies dans des choses aussi futiles que de l’alcool alors que je sais que je ne pourrais pas manger pendant les jours qui suivent, mais quand même, on pourrait penser qu’il grandisse un peu et apprenne à prendre soin de lui. Et bien non… Il finit immanquablement par appeler sa pauvre mère au secours et j’ai juste fini par le trouver pitoyable.

Ce livre représente selon moi l’histoire d’un jeune complètement désœuvré, qui ne veut pas prendre ses responsabilités et finit par les fuir, préférant sillonner ces terres inconnues et pleines de promesses. Il se retrouve obligé de travailler pour obtenir un peu d’argent, mais cela ne lui servira pas à grandir, non, il préfère faire la fête, boire, écouter de la musique et s’envoyer en l’air avec la moitié de ces connaissances… J’ai trouvé Kerouac triste et pitoyable et à sa place, j’aurais eu honte d’écrire que j’avais bêtement passé du temps enfermé à picoler avec mes amis, alors que l’opportunité s’offrait à moi d’explorer tant de choses incroyables !

Alors pour résumer ce long avis : je n’ai rien (ou presque) aimé dans ce livre. Les promesses (que ce soit de voyage ou de découverte de la génération beat) n’ont pas été tout à fait tenues selon moi. Donc j’ai été complètement insensible à cette histoire dans son ensemble et d’apprendre que Kerouac a mis si peu de temps pour écrire son livre m’importe peu, selon moi, même sous prétexte qu’une écriture rapide permet de parler avec son cœur, je pense qu’il aurait gagné à y retravailler davantage et je ne comprends pas pourquoi il n’a pas voulu le reprendre un peu quand des éditeurs lui ont fait cette remarque. (Un nouveau besoin pressant de liquidité pour finir le mois sans devoir faire la manche à sa mère une énième fois peut-être ?)

Bref : je n’aime pas, et je conseille fortement cette œuvre (surtout la version originale) à tous les insomniaques, ainsi qu’à tous les gens que je n’aime pas !:P