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vendredi 21 septembre 2018

L'Indé Panda, volume 6 - COLLECTIF

Titre : L'Indé Panda, volume 6
Auteur : Collectif (voir détail ci-dessous)
Édition : Auto-édité
Date de parution : 1er octobre 2018
Nombre de pages : Environ 120
Genre : De tout, pour notre plus grand plaisir !
Lu en : Septembre 2018

10/10

Quatrième de couverture : Un procès version 2.0, écho d'un monde rivé aux réseaux sociaux. Un « J'aime » peut-il vous sauver ? * Les robots sont de plus en plus évolués, mais où se situe la frontière entre le robot et l'humain ? * Seule et enfermée aux mains d'un homme terrible, la malice peut-elle surpasser la force pure ? * Et si le bonheur se trouvait dans les plaisirs simples et la communion avec la nature ? * Faites attention à qui vous laissez entrer chez vous, certains ne veulent pas que votre bien. * Une mère porte plusieurs casquettes, on le sait, mais que fait-elle quand elle n'est pas à la maison ? Mènerait-elle une double vie ? * Les contes de fées des temps anciens font souvent sourire par la naïveté des héroïnes, mais finalement, feraient-elles mieux aujourd'hui ? * L'amitié indéfectible d'un chat pour son maître, qui l'entraînera dans de multiples péripéties. * Le chant de la sirène résonne au loin, entraînant dans son sillon les âmes en peine jusqu'à leur dernière demeure. * Des reliques anciennes peuvent recéler des pouvoirs immenses. Une simple superstition ? Essayez pour le savoir... * Une dernière danse saura-t-elle embraser votre cœur et vous délivrer de vos peines et vos douleurs ? * Voyagez dans le temps à l'occasion d'un bal de village en plein 14 juillet. On danse et on rit, mais ce bonheur peut-il durer indéfiniment ?

Pour ce numéro-anniversaire, L'Indé Panda vous invite à plonger... dystopie, science-fiction, fantastique, policier, contemporain en passant par les contes... Laissez-vous emporter par ce caléidoscope d'auteurs indépendants !


Mon avis : Et voici mon avis sur ce magnifique sixième numéro de L’Indé Panda. Comme d’habitude, un pur plaisir à lire. La qualité est au rendez-vous, mais surtout l’éclectisme, puisque vous aurez un peu de tout sous les yeux. De la science-fiction, de l’anticipation, du suspense, du thriller psychologique… Difficile de ne pas y trouver son compte.

Il est assez délicat de juger de la qualité, car à mon sens, toutes les nouvelles méritent leur place dans ce numéro. Mon avis sera donc davantage un ressenti personnel, lié à mes goûts, donc. Même si j’ai quelques petits reproches pour certaines nouvelles, je suis persuadée qu’elles plairont.

En tout cas, c’est un bon cru !

Le Procès participatif – Bouffanges ♥♥♥
Mon coup de cœur de ce numéro, sans aucun doute. Pas étonnant de retrouver cette nouvelle en couverture, elle le mérite pleinement. L’auteur nous plonge avec une facilité déconcertante dans un univers proche. Un peu pessimiste peut-être, mais tellement probable au vu de ce qui se passe tous les jours. Au programme, une technologie qui prend de plus en plus le pas sur la vie des citoyens. Il nous présente une nouvelle forme de procès, un procès « 2.0 » si l’on veut. Et autant dire que l’expérience est bluffante, criante de vérité et un peu triste tant on image qu’un tel futur est envisageable...

Une nouvelle intelligente, qui pousse à réfléchir, mais le tout s’articule avec une telle facilité et le réalisme est si poussé que tout devient tangible, possible, tristement probable. Une belle découverte.

Dan – Catherine Loiseau ♥♥
Une nouvelle de science-fiction que j’ai pris plaisir à lire. Je ne connais pas très bien ce genre, mais j’ai apprécié le point de vue choisi. On suit plus ou moins un nouveau modèle de robot, presque humain. Presque, mais pas à 100 %. Forcément, il y a des choses qui lui échappent. Des éléments peuvent encore être développés pour qu’il devienne un robot parfait. La mise en page est un peu déstabilisante, mais permet au lecteur de se dépayser dans l’histoire, donc c’est plutôt positif. Et sur une nouvelle, ce n’est clairement pas trop lourd. Intéressant, donc.

Un Caveau sans vitrail – Laurent B
Un début qui part sur du suspense très intéressant. Quelques éléments bien oppressants, et une chute plutôt sympathique. Malheureusement, les choix de mise en page ne permettent pas un affichage optimal pour la lecture sur liseuse… Dommage que l’auteur n’ait pas su anticiper ce souci en trouvant une autre astuce (changement de police, soulignement, gras…) ou toute autre façon de mettre en exergue ce qu’il voulait mettre en exergue. Cela nuit un peu à la compréhension de la chute de sa nouvelle… Donc je ne comprends pas ce choix. Jetez un coup d’œil à la version PDF si vous souhaitez tout comprendre du premier coup. Malgré cela, le tout fonctionne plutôt bien sur un format nouvelle, et l’auteur a su me faire frémir, même frémir méchamment à un certain moment ! Ce n’est jamais facile en si peu de pages de gérer le suspense, donc bien joué, malgré les petits soucis de mise en page.

Maïa et l’homme blanc – Céline Saint-Charle ♥♥
Certains trouveront peut-être ce texte un peu naïf… Pas moi. Je l’ai trouvé inspirant et très beau. Un très beau message. Parfois, il faut ouvrir les yeux, profiter des petits riens du quotidien, qui au final sont le « tout ». Tout ce qui est et qui existe, tout ce qu’on a… La vie, la liberté, le bonheur.

Certains trouveront peut-être que mon avis est naïf. Peut-être… Mais dans tous les cas, cette nouvelle m’a émue et fait réfléchir.

L’Étrangère qui vit chez moi – Khalysta Farall
Changement d’ambiance qui nous amène au milieu d’un groupe d’amies qui ne comprend pas pourquoi l’une des leurs les abandonne de plus en plus souvent. A-t-elle des problèmes ? Probablement, au vu des réponses peu cohérentes qu’elle donne… A-t-elle un nouvel homme qu’elle veut cacher ? Peut-être… Et si la vérité était autre ? Plus sombre ? La tension s’installe. Qu’en est-il finalement ?

Une bonne gestion dans la manière d’aménager les éléments pour faire monter la tension petit à petit. Le doute qui se met en place également. Bien tourné, sympathique.

Maman est une espionne – Nicolas Chevolleau
On arrive maintenant au point pour moi un peu noir de ce numéro. Je l’ai dit, ce n’est pas vraiment une question de qualité, sinon, la nouvelle ne figurerait pas au numéro… Mais d’un point de vue parfaitement personnel, je n’ai pas été réceptive à cette nouvelle. La parole est donnée à un jeune enfant. J’ai déjà de la peine à apprécier ce genre de textes, mais là, j’ai trouvé l’enfant particulièrement bobet. Il se prend beaucoup trop au sérieux pour moi, il s’imagine des choses incroyables… Il est si sûr de lui… Ça m’a énervée, j’avoue. Et pourquoi les parents ne communiquent-ils pas plus avec leur enfant ? Bref, le style de narration ne me convient pas du tout et j’ai été parfaitement insensible au sujet traité.

Mais bon, je vous laisse découvrir, si vous aimez davantage les enfants que moi, vous trouverez cela peut-être très réaliste et choupi… Pas moi…

Tout compte fait – Nathalie Bagadey ♥♥
Ah ! Une belle surprise ! J’ai eu un peu peur aux premières lignes, quand j’ai compris que l’héroïne allait revivre un conte. Je trouve souvent les revisites « trop simples ». Mais là… J’ai été bluffée, parce que l’auteure va bien au-delà. Elle innove, elle joue, elle critique, elle invente… J’ai beaucoup aimé. Et la fin ! Elle crée un univers très intéressant, qui fait écho à notre monde. C’est agréable.

Une petite touche de rêve, une grosse touche de réalité, de belles critiques sur les héroïnes du passé, de bonnes réactions de celle du présent. Très bon.

Dans l’impasse du chat – Marie Havard ♥♥
Ahhhh ! Mais forcément, ça parle de chat, d’amitié, de loyauté… Forcément, j’adore ! C’est assez simple, mais tellement efficace. Je n’ai pu qu’apprécier cette narration qui suit monsieur le chat. J’aimerais que mon propre chat fasse de même, mais je doute qu’il ait le courage, l’amour et la détermination de ce petit héros. Très mignon, ça marchera sur les lecteurs comme moi.

Le dernier chant de Cindy – Vincent Ferrique
Une lecture en demi-teinte. J’ai lu cette nouvelle (comme toutes les autres, d’ailleurs), deux fois. À la première, j’ai bien aimé. À la seconde, finalement, j’ai trouvé que l’idée de fond était toujours intéressante, mais les éléments se répètent un peu trop. On comprend assez vite, il manque un petit peu de piment par moments. Mais… J’ai ressenti tout cela à ma deuxième lecture, donc, je reste quand même sur du positif, vu que lors de la découverte, j’avais trouvé moins répétitif.

Le Numismate – Patrice Dumas ♥♥
Un antiquaire et numismate souhaite transmettre ses plus belles pièces. Et c’est à travers de ces pièces que nous allons faire un saut dans le passé pour découvrir leur histoire et leurs mystères. J’ai trouvé très sympathique.

La dernière danse – Valéry Bonneau
Un homme est prêt à tout pour une simple danse, mais forcément, il y a un mais, que je vous laisse découvrir. On va dire que le sujet central est en même temps touchant, et en même temps un peu too much à mon goût. Malgré tout, une certaine sensibilité découle du texte. Même si tout ne m’a pas plu, la détresse du personnage principal est adaptable à d’autres situations, qui parleront plus personnellement à chaque lecteur.

Bal du 14 juillet – Zia Odet
Un bal du 14 juillet, comme il y a en tant d’autres. Et pourtant… La situation de ce 14 juillet est bien particulière, vous comprendrez vite pourquoi. Néanmoins l’ambiance est bonne, les gens dansent, rient, profitent de ce bal. Mais on sait que ça ne va pas durer, que ça ne peut pas durer…

Un thème sensible, souvent exploité, certes, mais qui marche, qui nous rappellera toujours qu’il faut profiter de l’instant présent, car le bonheur peut être éclipsé en un clignement d’œil.

Pas mal du tout, même si on m’a fait remarquer qu’historiquement, ce n’était a priori pas possible. Ne fêtant pas le 14 juillet, on va dire que ça ne me parle absolument pas, et que je n’ai à aucun moment pensé que quelque chose ne collait pas. Cela dit, pour ceux qui liront ce numéro, n’hésitez pas à me donner votre avis pour éclairer ma lanterne. 😊

Un très bon cru ! Lisez sans modération, en plus, c'est gratuit !

dimanche 22 juillet 2018

La face cachée de l'arc-en-ciel - David RUIZ MARTIN

Titre : La face cachée de l’arc-en-ciel
Auteur : David Ruiz Martin
Édition : Autoédité
Date de parution : 22 septembre 2018
Nombre de pages : 119
Genre : Recueil de 7 nouvelles
Décor : Suisse, Espagne
Lu en : Juillet 2018

10 ♥ /10

Quatrième de couverture : Sept couleurs. Sept histoires. Sept nuances aux pigments sombres, aux teintes douloureuses, parfois merveilleuses, où la peur côtoie la haine et où la haine, dans l’ombre, libère ce besoin viscéral de vengeance. Des histoires où le courage se montre en surface, où l’espoir évince la fatalité et où parfois, l’accablement et la honte poussent à la folie. Des récits qui souvent tutoient la mort, où les plus téméraires osent l’affronter, et où les plus couards préfèrent l’éviter. Certains tenteront de se jouer d’elle, mais elle finira, s’ils ne prennent pas garde, par les saisir... Et une fois dans ses serres, la mort ne relâche pas sa proie... Ne vous éloignez donc pas du chemin... Car la peur sème le doute... Et le doute finit toujours par vous perdre... Alors un conseil : restez prudents en tournant les pages de ce recueil de nouvelles.

Mon avis : La face cachée de l’arc-en-ciel est un recueil de nouvelles écrit par David Ruiz Martin. J’avais déjà lu un roman de l’auteur, aussi j’ai été ravie lorsque celui-ci m’a proposé de découvrir son recueil. Un grand merci à lui, d’ailleurs !

Le recueil comporte sept nouvelles, censées représenter les sept couleurs de l’arc-en-ciel, mais on peut dire qu’il se dégrade surtout sur des nuances de noir ou de rouge, vu les thèmes abordés. Cependant, chaque nouvelle a une « teinte » un peu particulière, même si l’atmosphère générale reste plutôt sombre.

À cet égard, je crois que la quatrième de couverture résume bien l’œuvre. Mort, folie, fuite, découverte de son vrai soi, vengeance, autant de thèmes hauts en couleur qui seront mis à l’honneur au fil des pages.

C’est assez difficile de parler du recueil dans son ensemble, vu que chaque nouvelle a des traits caractéristiques qui lui sont propres, mais je dois dire que toutes ont su me séduire, d’une manière ou d’une autre, pour son originalité, sa cruauté ou encore son réalisme.

Je peux toutefois leur trouver un point commun : une plume absolument divine qui est en parfaite adéquation avec le format « nouvelle ». J’ai pris énormément de plaisir à lire chaque phrase. Chaque fois, je me suis immergée rapidement dans une ambiance particulière. Les thèmes sont si intenses, les idées si bien trouvées et le tout si bien écrit que j’ai préféré déguster une nouvelle chaque soir plutôt que de dévorer le tout d’une traite. J’ai pu ainsi vivre chaque situation au maximum.

J’allais dire que c’est l’un des meilleurs recueils que j’ai lu dernièrement, mais je crois que je peux enlever le « dernièrement » de ma phrase. Je n’ai rien trouvé à jeter, toutes les nouvelles m’ont plu, et même si certaines abordent un sujet qui me touche moins, j’ai été transportée par l’écriture et ai vécu l’expérience à fond. La dernière, Septième chapitre, risque de ne pas plaire à tout le monde, car elle fait de nombreux clins d’œil aux écrits de Stephen King. Personnellement, je connais bien ses anciens écrits, et j’ai adoré voir cette espèce de kaléidoscope cauchemardesque se mettre en place.

En quelques mots : c’est un carton plein pour moi ! J’ai adoré cette lecture. La nouvelle n’est pas un format facile à appréhender, il faut un certain talent pour accrocher le lecteur et lui faire vivre une expérience en si peu de mots, il ne s’agit en aucun cas d’un « simple texte court ». David Ruiz Martin le possède clairement, ce talent, et a su me subjuguer avec ce recueil, que je recommande, bien évidemment !

Un des meilleurs recueils de nouvelles que j’ai pu lire jusqu’à maintenant !

samedi 10 février 2018

Indé Panda, volume 5 (février 2018) - COLLECTIF

Titre : Indé Panda, volume 3 (mai 2017)
Auteur : Solenne Hernandez, Zia Odet, Céline Saint Charle, Isabelle Piraux, Bouffanges, Balthazar Tropp, Jeanne Sélène, Renaud Ehrengardt, Serenya Howell et Éric Simard.
Édition : Numérique disponible gratuitement et légalement, voir ici
Date de parution : Février 2018
Nombre de pages : 90 environ
Genre : Nouvelles
Lu en : Février 2018

Notes données ci-dessous, encore un très bon numéro !

Quatrième de couverture : Aimez-vous sentir le vent sur votre visage ?
Un mot doux a-t-il déjà fait basculer votre vie ?
Un motif idéal pour un meurtre ? Et pour plusieurs ?
Et si la Faim avait une voix ?
Prêt à vivre une journée de lycée ?
Non, les contes ne finissent pas toujours bien. Vous en doutez ?
Croyez-vous en la magie ?
Joueur ? Joueuse ? Quelle sera votre ultime mise ?
Une petite soif de sang ?
L'amour prend-il fin un jour ?

Avec ce cinquième opus de L'Indé Panda, nos auteurs sélectionnés se proposent de répondre à toutes ces questions. De récits fantastiques en dystopie, du genre policier au contemporain, nous vous proposons également un détour par un conte et une histoire dont vous êtes le héros !

Entre les cinq plumes « habituées » de notre webzine et les cinq nouvelles, nul doute que ce numéro de L'Indé Panda vous réserve de belles surprises...


Mon avis : Encore un très très bon numéro ! L'Indé Panda, toujours au top ! :)

Je vais tenter de vous donner un avis succint de chaque nouvelle, mais globalement, c'est du chipotage, parce que j'ai apprécié tout le recueil !

Et la brise sur sa joue – Solenne Hernandez – Très bon ♥
Et voici la nouvelle qui a donné naissance à la magnifique couverture de ce numéro. On y appréciera un monde futuriste, dans lequel les gens portent des masques, pour préserver leur identité. Une jeune femme nous laisse entrevoir son quotidien, ses interrogations, ses espoirs. Une jolie prise de conscience et une belle métaphore qui peut s'appliquer à tous ceux qui, comme Aglae, portent un masque.

1918, la dernière lettre – Zia Odet – Superbe ♥♥♥
Une lettre écrite par un soldat en 1918 va changer la vie d'une personne, mais dans quelle mesure ? Le lecteur replonge quelques instants dans la Première Guerre mondiale et ses horreurs, mais une étrange lettre vient troubler encore plus cette sombre période. J'ai adoré cette nouvelle. Elle est efficace, a un but, est bien écrite, originale... Rien à redire, j'ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, qui m'a fait me rappeler qu'il y a ceux qui partent et ceux qui restent, mais dans quel état...

Légende moderne – Céline Saint-Charle - très bon ♥
Une nouvelle policière, UNE NOUVELLE POLICIÈRE ! Ah, ça me fait plaisir, si vous saviez ! En plus, le genre ne se prête pas toujours au format de la nouvelle, c'est dur de planter le décor et de faire monter le suspense en si peu de lignes, et pourtant, pourtant Céline Saint-Charle a très bien réussi son pari. On suit un policier hanté par une enquête du passé. La résolution est surprenante, je me suis fait avoir en beauté !

Et sinon, j'ajoute quand même que c'est assez exceptionnel de voir un misophone dans une nouvelle, et ça, ça fait plaisir.

Une drôle de faim – Isabelle Piraux – très bon ♥
Une autre nouvelle sur une Guerre mondiale (la Seconde, cette fois). La coïncidence est donc intéressante, mais ce qui est plus intéressant encore, c'est que les deux auteures qui se sont lancées dans l'aventure ont traité le sujet de manière complètement différente. Bien sûr, la guerre reste la guerre. Ici aussi, c'est une lettre qui va faire basculer le destin des personnages, mais le sujet central est la faim, qui est personnalisée de très belle façon, qui s'adresse aux personnages, qui leur fait brûler les intestins, qui les dévore de l'intérieur. Touchante, poignante, triste, mais tellement réelle !

Zugzwang – Bouffanges – superbe ♥♥♥
Un gros coup de cœur pour cette nouvelle, qui met en scène un jeune autiste qui joue aux échecs. Classique pensez-vous ? Hééé, non. Parce que la présentation sous forme de roman dont vous êtes le héros est très sympathique, et transmet un réel message, qui fait écho au titre. De plus, le texte est très tendre, très bienveillant envers ce jeune homme, c'est agréable et ça change de ce que j'ai pu lire et entendre ces derniers temps.

Essayez de jouer le jeu si vous lisez cette nouvelle, même si le passage de page en page n'est pas forcément aisé depuis une liseuse un peu vieillote.

Le méchant petit cordonnier – Balthazar Tropp – bon
Un cordonnier apprend son métier à une petite fille. Il lui apprend à utiliser les fils, les aiguilles, les tissus, les cuirs... Tous ces passages sont tendres, une vraie poésie lorsque l'auteur décrit les myriades de couleurs, les enchevêtrements de tissus. J'ai adoré ces passages. Puis, le ton change, le genre se modifie un peu en conte (comme le titre l'annonçait, d'ailleurs). Le changement de ton n'est pas mauvais, mais j'ai été triste de perdre un peu la poésie du début. La fin aussi m'a semblé un peu précipitée. La nouvelle reste bonne, mais j'ai été un petit peu déçue par la fin.

La roche des païens – Jeanne Sélène – Jeanne Sélène – bon
Un homme revient sur les lieux qui hantent son passé et son présent. On lui réclame le sang, il doit s'y plier, jusqu'au bout. J'ai été un peu déstabilisée par cette nouvelle. J'ai trouvé la forme un peu étrange, le rejet presque systématique du sujet en fin de phrase m'a semblé un peu lourd. La tournure est une bonne idée pour mettre en relief certains éléments, mais tout du long, j'ai trouvé ça un peu trop artificiel. Sinon, le sujet en lui-même n'est pas mauvais, la chute est même très bonne, mais j'aurais souhaité en savoir un peu plus sur la roche elle-même, sur les événements...

La partie de dés – Renaud Ehrengardt – très bon ♥
Un homme passe la nuit dans un petit hôtel isolé. Le soir venu, il joue à une partie de dés avec le tenancier. Ils discutent et jouent... Et les choses prennent une tournure à laquelle l'homme ne s'attendait pas. Le style est efficace, une certaine tension se met en place, on doute. Une nouvelle très efficace et qui convient très bien à ce format.

Jusqu’à ce que l’aube se lève – Serenya Howell – bon
Un amour impossible entre deux personnes que tout oppose, y compris leur nature même. Une nouvelle fantastique, donc, où l'amour et l'horreur se mêlent. Les amateurs du genre y trouveront sans doute leur compte. J'ai bien aimé ma première lecture, mais finalement, à la deuxième, j'ai trouvé l'écriture parfois un peu lourde, et quelques questions sont restées sans réponse, j'aurais aimé avoir quelques descriptions supplémentaires aux moments cruciaux.

Kamar et Hala – Éric Simard – très bon ♥
Deux jeunes gens en pleine zone de guerre sont amoureux. Le jeune homme n'hésite pas à parcourir des kilomètres pour aller cueillir des fleurs sous les bombes afin de les ramener à sa chère et tendre. Un véritable message d'amour et d'espoir au milieu d'une guerre immonde, comme elles les sont toujours.

Je vous laisse d'ailleurs sur ces mots d'espoir « Le jeune homme lève ses fleurs vers l'azur en signe de provocation. Il se tourne vers la ville pour la braver de nouveau, pour défier les armées qui s'y affrontent et narguer la mort une autre fois ».

Et vous, avez-vous déjà lu ce numéro de l'Indé Panda, si la réponse est non, on fonce se le procurer gratuitement sur Amazon !

mardi 6 février 2018

Maison d'artiste - Marie-Jane BARTHELEMY

Titre : Maison d'artiste
Auteur : Marie-Jane Barthelemy
Édition : Autoédité
Date de parution : 2017
Nombre de pages : 50
Genre : Nouvelle, thriller
Décor : ici
Lu en : Février 2018

5/10

Quatrième de couverture : Judith Laverne traverse des moments difficiles dans de nombreux domaines de sa vie. Elle est même amenée à fuir. Elle cherche la solution dans une Maison d'artiste dont le propriétaire est récemment décédé dans un accident de voiture. Sa fille, qu'il ramenait, a survécu, mais, handicapée, a préféré louer en l'état. Judith est séduite par la maison mais également victime de visions. La maison est-elle hantée par l'artiste lui-même dont elle n'avait jamais entendu parler et sur lequel elle s'est renseignée sur Internet dès son arrivée ? Et surtout pourquoi ces souvenirs obsédants ? Un suspense haletant où chaque fois que l'on approche d'une solution ou d'une preuve, tout vole en éclats... jusqu'à la dernière phrase. Toute ressemblance avec des lieux, des événements ou des personnes vivantes ou décédées ne pourrait être que fortuite ou involontaire.

Mon avis : Judith emménage dans une nouvelle maison, la fameuse « maison d’artiste », qui donne son titre à cette nouvelle. La maison d’artiste était habitée, comme son nom l’indique, par un artiste, décédé il y a peu, raison pour laquelle elle s’est retrouvée en vente. Judith saute sur l’occasion et déménage. Seulement, une fois dans sa nouvelle demeure, elle commence à avoir des sortes de flashs, l’artiste décédé évolue parfois à ses côtés. Folie ? Réminiscence du passé ? Fantôme du défunt qui hante les murs ? À première vue, c’est impossible à dire, ce n’est qu’au fil des pages qu’on découvre la réalité.

Les premières pages m’ont vraiment enthousiasmée : la façon d’amener la question de la folie ou non de Judith est bonne. Je trouve que l’auteure a su trouver les éléments percutants pour nous faire entrer dans l’histoire et nous présenter toute l’ampleur de la situation. On suit Judith, on s’interroge, on tremble, on se demande ce que l’on ferait dans un tel cas... Jusque-là, rien à redire.

Malheureusement, la suite m’a fait quelque peu déchanter. Le lecteur est baladé au fil d’une chronologie complexe que je n’ai pas toujours réussi à suivre. Une chronologie compliquée, c’est une chose, mais là où j’ai eu plus de peine, c’est que je suis complètement ressortie de l’histoire et je n’ai plus réussi à m’y replonger jusqu’à la fin. J’ai été déçue d’être laissée en marge. Ce n’est qu’une hypothèse, mais j’ai l’impression que le format de la nouvelle y est peut-être pour quelque chose. En effet, j’ai l’impression que la volonté de garder une histoire « compacte » a eu quelques répercussions sur la compréhension globale. Un format plus long m’aurait peut-être permis de retrouver le fil rouge dans la chronologie, mais bon, je ne vais pas tirer des plans sur la comète.

Je parle de chronologie pour être vague, pour ne pas dévoiler le pot aux roses, mais globalement, j’ai beaucoup aimé le début, la phase de doutes et j’ai été déçue par le reste. J’ai eu l’impression qu’on me laissait entrapercevoir une piste, puis qu’on me la cachait. En général, j’aime être surprise, j’aime douter, me tromper, mais là, c’était à chaque fois trop court et brutal pour que j’aie réellement le temps de me forger une opinion et de ressentir des émotions. J’ai juste été perdue, et j’ai, malheureusement, « subi » ma lecture plutôt que d’en être partie prenante.

Pour conclure, ce roman n’est pas mauvais, clairement, mais il aurait mérité quelques pages supplémentaires, je pense, afin de ne pas trop perdre le lecteur et lui laisser établir quelques plans avant de le lancer sur une nouvelle piste. Cependant, le début est très intrigant, et je pense que ceux qui n’ont aucun problème avec les chronologies un peu complexes y trouveront leur compte, avec beaucoup de plaisir.

Un début puissant et intrigant, mais la chronologie de la suite m'a semblé trop complexe, j'ai eu de la peine à suivre

mercredi 24 janvier 2018

Frappe au coeur ! - Brice MILAN

Titre : Frappe au cœur !
Auteur : Brice Milan
Édition : Autoédité
Date de parution : 7 septembre 2017
Nombre de pages : 24 pages en numérique
Genre : Nouvelle, thriller
Lu en : Janvier 2018

9/10

Quatrième de couverture : Cette courte nouvelle intitulée « Frappe au cœur ! » a participé au concours d'écriture Nolim parrainé par Franck Thilliez (http://www.jedeviensecrivain.com/concours/). Vous adorerez ce huis-clos oppressant dans lequel la vie de Vera et de son ravisseur va basculer irrémédiablement. Le cœur au centre de la tragédie.

Mon avis : Frappe au cœur ! est une nouvelle du genre thriller psychologique. Je précise ce fait d'entrée de jeu, parce qu'il me semble que le format de la nouvelle est toujours très délicat pour camper ce genre d'histoires. Il faut présenter un tant soit peu les personnages et leur psychologie, trouver un élément pour faire monter la sauce, ménager une chute efficace et surprenante... Autant dire que sur un nombre de pages aussi restreint, ce n'est pas facile. À ce sujet, Brice Milan a parfaitement rempli son contrat, car le lecteur arrive facilement s'imaginer les personnages et rentrer dans l'histoire dès les premières lignes.

J'ai été agréablement surprise par les premières pages, qui m'ont immédiatement plongée au cœur de l'intrigue. Comment ? Qui ? Et surtout, pourquoi ? Quelques détails sanglants sont là pour nous en faire savoir plus et nous plonger un peu plus dans l'effroi. La chute vient clore de manière surprenante cette nouvelle.

On peut donc dire que, dans l'ensemble, j'ai apprécié cette nouvelle. J'émets toutefois quelques petites réserves. Tout d'abord, la narration en « tu » de certains passages, qui ne m'a pas semblé apporter grand-chose au style ni à l'histoire, au contraire, j'ai eu l'impression de sortir un peu du récit, tant ce changement abrupt m'a déconcertée. Heureusement, on retourne vite à notre huis clos, mais j'ai regretté ce choix de narration.

L'autre petite réserve que je peux émettre est le choix parfois peu naturel du vocabulaire employé. Attention, je tempère mon avis : j'aime les variations lexicales, mais parfois, un synonyme peu naturel peut faire sortir le lecteur du tourbillon des mots dans lequel il est pris. Par exemple, le « palpitant » est employé à plusieurs reprises pour parler du cœur ; à certains moments, le choix m'a semblé judicieux, mais à d'autres, trop « original » par rapport à l'horreur de la scène. Du coup, pendant un bref instant, la scène qui prend vie devant mes yeux se brouille pour revenir au texte et se figer sur le mot sur lequel j'ai tiqué.

Pour conclure, mes petites remarques sur le choix de la narration ou du vocabulaire n'ont pas entaché ma lecture, que j'ai appréciée. Je ne peux qu'encourager Brice Milan de continuer à écrire, qu'il s'agisse de nouvelles ou de textes plus longs, parce que quelque chose me dit (choix du vocabulaire notamment) qu'il réussirait sans problème dans cet exercice (faudrait que je teste ^^).

Un dernier mot pour remercier l'auteur de m'avoir fait parvenir sa nouvelle et de m'en avoir dit un peu plus sur les conditions d'écriture de celle-ci. :)

PS : j'adore cette couverture, pas vous ?

Une nouvelle thriller qui tient la route ! On n'en voit pas tous les jours, découverte très sympathique.

jeudi 9 novembre 2017

Brume (intégrale) - Stephen KING

Titre : Brume, paranoïa (Brume#1)
Titre original : The Mist
Auteur : Stephen King
Édition : Pocket
Nombre de tomes : Un seul en VO, mais deux en VF
Date de parution : 1989
Nombre de pages : 410
Genre : Nouvelle, thriller
Décor : États-Unis, divers États
Lu en : Septembre 2017

10/10 pour la nouvelle Brume
4/10 le reste

Quatrième de couverture : De l'autre côté du lac, David ne distingue absolument rien, sinon une brume qui ne se dissipe pas.

Apparue après une tempête d'une rare violence, la masse blanchâtre et informe suscite vite l'inquiétude des habitants. Qui veulent aller se renseigner sur ce qui se passe sur la rive opposée. Mais avant d'avoir pu tenter quoi que ce soit, la brume est déjà là, d'abord infranchissable, puis oppressante, et bientôt terrifiante. David ne peut admettre ce qu'il discerne. Défi de la nature déchaînée ou reflet de son imagination paranoïaque ? Pour lui subsiste une seule, mais paradoxale certitude : tout cela ne peut être vrai... Chacune des nouvelles de ce recueil révèle l'envers hallucinant d'un décor qui nous est familier, à mi-chemin entre avant-goût d'apocalypse et délire schizophrénique.


Mon avis : Tome 1 :

Voilà, je suis arrivée à la fin du recueil de nouvelles Brume. La première nouvelle s'intitule justement Brume, qui forme environ la moitié du livre, en faisant presque un roman (certes court). C'est la nouvelle qui est à l'origine du film du même nom (The Mist en anglais) et je dois dire que cette nouvelle est exceptionnelle ! J'ai adoré ! J'ai eu un peu peur à plusieurs reprises, pas forcément à cause des horreurs que cache la brume, mais par la description de la brume elle-même. Elle met mal à l'aise, c'est vraiment bien écrit, j'ai vibré, j'ai adoré !

Par contre, les autres nouvelles... ça passe de « bof » à « complètement inutile ». Donc j'ai envie de dire, lisez sans hésiter la première nouvelle, mais vous pouvez laisser tomber le reste sans trop de scrupules !

C'est dur de donner une note, c'est un 10♥ pour la nouvelle Brume, mais c'est un 3-4 pour le reste du recueil. Trop difficile de faire une réelle moyenne qui tienne la route. ^^

À part la nouvelle Brume, le reste est assez bof.

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Titre : Brume, la faucheuse (Brume#2)
Titre original : En réalité en un seul recueil en anglais
Auteur : Stephen King
Nombre de pages : 410
Décor : États-Unis, divers États
Genre : Nouvelle, thriller, science-fiction
Lu en : Mai 2017

5/10

Quatrième de couverture : Un seul recueil en anglais à la base, voir plutôt le résumé du tome 1, du coup.

« Quand on est mort, on peut se servir de vous comme portemanteau ou vous fourrer dans un pneu de tracteur et vous faire rouler au bas de la côte […] » (P.279 Mémé)


Mon avis : Tome 2 : Je n’ai lu pour l’instant que Brume, la faucheuse, parce que je n’ai que ce tome à la maison. Il s’agit d’un recueil de 12 nouvelles (+ 1 poème), qui sont en soi assez inégaux, qui parlent, entre autres, de la mort, des objets électroniques de notre quotidien qui « prennent vie », de la folie et de l’isolement. Une pointe de fantastique est commune à presque toutes les nouvelles et l’une d’elle porte les couleurs de la science-fiction.

J’ai trouvé ce livre chez moi et je l’ai attaqué, en espérant avoir entre les mains la nouvelle sur laquelle le film Mist a été basé. Manque de bol, elle est dans le premier tome, première déception.

Comme je l’ai dit dans le petit résumé ci-dessus, ce recueil est très inégal, qu’il s’agisse des thèmes abordés, de la longueur, du genre ou même de l’intérêt qui en découle selon moi. Je retiens notamment Sables qui se détache des autres nouvelles de par son genre (S-F). Un vaisseau s’écrase sur une planète où il n’y a que du sable, rien d’autre, qui s’infiltre partout, rendant fous les deux habitants du vaisseau, dont l’un va tout faire pour obtenir de l’aide. L’homme qui refusait de serrer la main m’a également plu, car je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et malgré son format court, permet l’introduction des personnages, du décor, ainsi qu’une chute de façon assez bien dosée. Il en va de même, selon moi, pour Le Camion d’oncle Otto.

Malheureusement, d’autres nouvelles sont assez plates, peu intéressantes, ou n’ont pas de chute vraiment travaillée. On ne finit pas vraiment dans une réflexion non plus et je n’ai pas aimé cette dose d’inachevé.

Les deux nouvelles sur le laitier m’ont paru bien longues et ennuyeuses, l’espèce de poème est complètement inutile, et j’en passe.

Je pense qu’il vaut mieux lire une petite nouvelle un jour, puis en lire une autre le lendemain plutôt que de vouloir avaler le livre en une soirée, même si ça ne change en rien le problème d’inégalité qualité/quantité des nouvelles. Il faut aussi savoir que la plupart des nouvelles dénotent une touche de fantastique, de mystérieux ou d’inexplicable.

On va dire que j’ai passé un bon moment avec certaines nouvelles et que j’ai perdu mon temps avec d’autres. Je vais probablement lire malgré tout le « tome » 1, parce que j’ai toujours envie de lire la nouvelle qui a donné naissance à Mist !

En gros, bof, bof, la meilleure nouvelle est clairement dans l'autre recueil en VF, il s'agit de Brume

vendredi 13 octobre 2017

Indé Panda, volume 3 (mai 2017) - COLLECTIF

Titre : Indé Panda, volume 3 (mai 2017)
Auteur : SAID, Nicolas Chevolleau, Stéphane Arnier, Céline Saint-Charle, Valery Bonneau, Bouffanges, Caroline Giraud, Didier Betmalle, Khalysta Farall, Nathalie Bagadey, Jeanne Sélène et Jean-Christophe Heckers.
Édition : Numérique disponible gratuitement et légalement, voir ici
Date de parution : Mai 2017
Nombre de pages : Une centaine environ
Genre : Nouvelles
Lu en : Septembre 2017

Notes données ci-dessous, très bon numéro !

Quatrième de couverture : Au menu de ce troisième numéro de l'Indé Panda : Des éclats de rire, Des tripes nouées par la tristesse, De l'espoir, De la tolérance, Un suspense haletant, Quelques frissons d'horreur, Une totale remise en question de l'industrie éditoriale, Une destinée bravant la Mort, Des vacances en Ford Escort année 96, Et pourquoi pas, la vie éternelle... L'Indé Panda est un magazine numérique créé par des passionnés de lecture. Trois fois par an (et après un appel à texte, une sélection mouvementée et des débats aussi divers que variés), nous offrons un recueil de nouvelles d'auteurs indépendants. Vous y trouverez différents genres littéraires, et de (très) belles plumes. L'occasion pour vous de découvrir de nouveaux talents... Les habitués reconnaitront certains noms, les novices pourront se laisser tenter par nos deux précédentes parutions, toujours en téléchargement gratuit. Merci pour votre soutien et vos commentaires encourageants, et bonne lecture avec ce troisième numéro de L'Indé Panda !

Mon avis : C'est un très bon numéro, je vous le dis ! En tout cas, j'ai davantage apprécié cette fois-ci, j'ai eu l'impression que les nouvelles faisaient plus nouvelles que dans les précédents numéros, dans lesquels on sentait parfois que le nombre de mots avait vraiment posé problème et que l'histoire s'en voyait quelque peu amputées. Notes en bas à côté des titres !

Mon avis sera quelque peu différent cette fois-ci. Tout simplement parce que j’ai eu la mauvaise idée de ne pas rédiger mon avis tout de suite. Je me rends compte que je me souviens très bien de certaines nouvelles et beaucoup moins d’autres, voire plus du tout. Je ne sais pas si c’est plus positif de vous donner un avis mitigé sur une nouvelle plutôt que de vous indiquer « ne m’en rappelle plus », m’enfin, je vais faire ce que je peux, quitte à relire rapidement quelques lignes.

Éternicide – SAID – Superbe ♥♥♥
Je comprends pourquoi cette nouvelle a fait la couverture. Si je vous dis qu’elle m’a fait rêver, ceux qui l’ont lu risque de ne pas comprendre pourquoi, mais, comme dans un rêve, je me suis senti flotter dans une sorte de brume. Le bonheur peut-il être éternel ? Avec l’éternicide, on s’en rapproche, mais sommes-nous prêts à franchir le cap ? À quel prix ? Que reste-t-il ? J’avoue que je me suis posé beaucoup de questions, et j’ai adoré. Sous certains aspects, j’ai vaguement pensé à Avatar, mais en tellement mieux ! Une réussite et une belle prise de conscience.

Bon Dieu Bourdieu ! – Nicolas Chevolleau – bon
À froid, il ne me reste plus beaucoup de détails sur cette nouvelle, mais tout de même l’essentiel, des vacances qui partent en vrille, le coup de fil du chef Bourdieu qui enquiquine toute la petite famille. Une petite histoire des galères du quotidien en somme, qui passe toujours bien.

Le destin de Dvalin – Stéphane Arnier - bon
J’ai dû relire les premières phrases pour me rappeler de cette nouvelle, mais que suis-je bête, le « destin », du titre, aurait dû me mettre sur la voie ! Un point de vue intéressant sur la question, est-on maître de son destin ? Une lecture agréable, mais j’ai eu un peu de peine avec les premiers dialogues. Ces appellations enchâssées de Machin, fils de Truc, petit-fils de Chose ont un peu cassé mon rythme (au début). En fait, je pense que cette nouvelle gagnerait beaucoup à occuper au moins une trentaine de pages. (Je sais que ce n’est pas possible dans l’Indé panda, c’est juste mon ressenti.)

Willy – Céline Saint-Charle – très bon ♥
Là, avec cette nouvelle, je ne me rappelle que de la chute et d’une grosse révélation. Les deux m’ont beaucoup plu, je me rappelle m’être dit « ahh, oui, c’est du bon là, j’aime ! » et comparé à d’autres histoires sur le même sujet, il y a une petite pointe d’originalité dans le personnage qui s’exprime, ce qui fait plaisir. Je me rends compte également que même si j’ai oublié comment se déroule la nouvelle, j’aurais plaisir à la relire, ce qui est plutôt bon signe !

La dent – Valery Bonneau – très bon ♥
Vous voulez vous fendre la poire quelques minutes ? Lancez-vous. J’étais seule dans mon lit, et j’ai réellement rigolé, haut et fort par moments ! J’ai rarement ri comme ça devant un livre, j’arrivais plus à me ravoir. Par moments l’histoire est prévisible, mais dans le bon sens, on suit le mouvement, on s’y attend, ça arrive, on sourit, et paf, pire et pire et on rit encore plus. Une belle rigolade qui tient très bien sur une nouvelle.

Citius Altius Fortius – Bouffanges – superbe ♥♥♥
J’avoue que le placement de cette nouvelle juste après celle de La Dent est un peu délicat, parce qu’on change complètement, mais alors complètement de décor. J’ai commencé, et j’ai tout de suite senti qu’il me fallait une coupure si je voulais réellement l’apprécier, je l’ai donc lue le lendemain, et j’ai bien fait ! Là, on est aux antipodes de la rigolade et on se plonge dans un évènement sportif historique, lorsque trois athlètes se sont associés pour s’élever contre le racisme. Le récit est bien écrit, et le fait d’avoir mis l’accent tour à tour sur les trois sportifs a permis de mettre en lumière quelques injustices, au-delà de la noble cause qu’ils ont défendues. Très beau message.

Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi – Caroline Giraud – très bon ♥
Alors déjà pour commencer : la chronologie inversée est originale et tient debout ! J’avais essayé une fois d’écrire un petit quelque chose avec une telle chronologie et j’ai vite abandonné, parce que l’exercice n’est vraiment pas facile. Là, autant dire qu’elle l’a gérer avec brio, rien à dire. Le sujet est d’actualité, fait polémique, et je suis sûre que cette nouvelle est clivante, certains se rangeant à l’avis de l’auteur, d’autres s’élevant contre cette prise de position vis-à-vis du consentement. Un sujet donc brûlant, très bien traité, que j’ai aimé lire. J’espère qu’elle sera appréciée à sa juste valeur, car la chute est très forte. En effet, un acte plus poussé aurait été plus choquant dans l’esprit des gens, mais tellement moins fort sur le message envoyé. Très bon, donc.

Le Coin des curieux – Didier Betmalle – bon
Je recommande cette lecture pour Halloween, par exemple, si vous voulez vous faire une petite lecture commune entre amis. J’ai trouvé bon, original, et il y a de très bonnes idées, j’ai même frémis à quelques moments. C’est toujours génial quand une nouvelle, aussi courte soit-elle, peut nous faire ressentir quelque chose.

Mes petits chéris – Khalysta Farall – bon
Je trouve également que cette lecture est parfaite pour Halloween, pour les mêmes raisons que pour la précédente. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance, et surtout, la chute, qui est top !

La couturière et l’oiseau – Nathalie Bagadey – très bon ♥
J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteure a décrit le métier de couturière, tout en douceur et en poésie. C’est charmant et plaisant à lire, et quand on découvre le personnage « à l’oiseau », on ne peut s’empêcher de le détester et de vouloir rassurer la couturière sur son beau travail. Deux personnages bien campés, l’un qu’on veut voir triompher, l’autre tomber, mais dur d’imaginer comment. La chute est tout simplement géniale et inattendue, pourtant, il y avait des petits indices glissés çà et là, pour l’amener avec beaucoup de tact, mais je n’ai rien vu jusqu’aux derniers mots.

Le plus beau métier du monde – Jeanne Sélène – bon/moyen
Si je suis parfaitement honnête, c’est malheureusement cette nouvelle qui m’a le moins marquée, puisque même en voyant le titre, impossible de me rappeler le sujet. J’ai relu la nouvelle en diagonale, ça m’est revenu, mais ça reste flou. En plus, ça tombe mal, je sortais d’une lecture sur le sujet, où, forcément, vu le nombre de pages, j’ai eu droit à des véritables déclarations d’amour pour ce métier particulier. Cependant, bravo de mettre en avant ce genre de métiers, et je pense que j’aurais sans souci pu lire un roman entier sur le sujet.

Chers lecteurs – Jean-Christophe Heckers - bon
Une nouvelle un peu plus difficile à juger. Elle est bien écrite, elle est très bonne, le sujet est intéressant, assez innovant, mais j’avoue que j’ai été un peu déstabilisée. L’auteur soulève une critique pertinente, une vérité possible derrière la fiction. Je me suis interrogée, beaucoup, et je me demande ce qu’il en est vraiment. Bien sûr, ici, on est clairement dans une fiction, mais où s’arrête-t-elle pour rejoindre la réalité ? Je me le demande encore. De ce point de vue, la nouvelle atteint son objectif, c’est sûr, mais j’avoue que j’en aurais voulu plus (oui, je suis horrible ^^).

Allez, on file sur Amazon ou ailleurs pour se procurer son Indé Panda n° 3 !

jeudi 21 septembre 2017

L'Indé panda volume 2 (janvier 2017) - COLLECTIF

Titre : Indé panda, volume 2
Auteur : Solenne Hernandez, Selma Bodwinger, Khalysta Farall, Nathalie Bagadey, Jeanne Sélène, Nicolas Chevolleau, Patrice Dumas, Alan Spade, Hélène Ourgant, Éric Abbel et Cindy Costes
Édition : Numérique, pour plus d'informations, voir ici
Date de parution : Janvier 2017
Nombre de pages : 129 en numérique
Genre : Nouvelles
Lu en : Septembre 2017

Appréciation à côté de chaque nouvelle ci-dessous

De quoi s'agit-il : Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un recueil de nouvelles d’auteurs indépendants. Les nouvelles sont sélectionnées après un appel à texte pour n’en garder que 10-12. Le tout est compilé sous forme d’un recueil-journal disponible en ligne au format numérique et totalement gratuit. Chaque auteur dont la nouvelle a été sélectionnée a un petit encart pour parler d’un de ses textes ; de quoi découvrir de nouvelles plumes. Dans ce deuxième numéro, ce sont 11 nouvelles qui sont proposées.
Mon avis : Dans ce deuxième numéro, j’ai repéré une nouvelle superbe : Je m’appelle Marion, la plume de Solenne Hernandez m’a convaincue, je vais tenter de découvrir cette auteure. Sinon, je note La belle retraite de Khalysta Farall qui m’a beaucoup plu, La Sirène de Nathalie Bagadey et Le seigneur du château de Patrice Dumas. C’est la deuxième fois que Khalysta Farall et Patrice Dumas sont dans mon petit top. Autant je connais déjà la première, autant je ne connais pas le deuxième. Au vu de sa deuxième arrivée dans le haut de mon classement, je pense que je peux sans autre lui laisser une chance, je suis assez sensible à sa plume, qui me plaît beaucoup.

Je m’appelle Marion – Solenne Hernandez – Superbe ♥♥♥ C’est la nouvelle qui a donné son look à la couverture, qui est très belle soit dit en passant, tout comme la nouvelle. Je ne m’attendais pas du tout à cela : un texte de toute beauté, empreint de couleurs et de poésie, très beau. Par ailleurs, le sujet lui-même est beau et touchant. Traité en plus de cette façon, j’avoue que j’ai voyagé dans un kaléidoscope de sons et de couleurs que j’ai adoré. Du coup, voilà une auteur que je vais ajouter à ma liste « à découvrir ».

L’Aurore du rock and roll – Selma Bodwinger - bon Le conte de la Belle au bois dormant revu au goût du jour avec beaucoup d’humour. Par moments, je me suis dit que c’était un peu trop « facile », mais finalement, les idées sont au rendez-vous et j’ai bien rigolé. La chute m’a fait sourire. Je ne suis pas une grande consommatrice de ces détournements, mais là, ça passe plutôt bien et les mots d’Aurore ont bien été réécrits dans la bouche d’une ado actuelle.

La belle retraite – Khalysta Farall – très bon ♥ Encore une nouvelles de Khalsta Farall que j’aime beaucoup ! Un peu moins tout de même que Le Monolithe du numéro précédent. Eh oui, c’est dur de noter quand on a déjà lu d’autres nouvelles superbes du même auteur. Une fois n’est pas coutume, on est propulsé dans une futur dystopique, dans lequel tout le monde cherche à atteindre à tout prix sa retraite, quitte à bousiller sa vie actuelle. Un sujet qui fait réfléchir, et qui fait peur, rendant les humains semblables à des robots sans cœur, s’escrimant à travailler et à être rentables, encore et toujours. En quelques lignes, on est déjà dans à 100 % dans l’histoire et on sent que l’univers est bien travaillé.

La sirène – Nathalie Bagadey – très bon ♥ Le début m’a paru un peu en demi-teinte, puis ligne par ligne, j’ai commencé à me poser des questions sur l’identité de cette fameuse sirène ? Les questions ont fusé et la chute a ébranlé toutes mes certitudes, alors que tout était si clair depuis les premiers mots. L’auteure a bien joué avec moi, sans trop en faire, juste ce qu’il fallait.

S.O.S. – Jeanne Sélène - bon La chute est superbe, même si j’ai un peu de peine à imaginer comment ça a pu réellement se produire dans la vie réelle. Le seul souci quand on a une telle chute coup de poing, c’est que le reste n’est pas toujours intéressant. Là, l’auteure a tout de même réussi à nous intéresser au parcours de son personnage principal. En revanche, la présentation des personnages secondaires n’a pas trouvé grâce à mes yeux.

Le petit chat est mort – Nicolas Chevolleau – faible ♠ J’avoue que je suis passée complètement à côté…

Le seigneur du château – Patrice Dumas – très bon ♥ Très belles descriptions, univers bien ancré, chute à laquelle je ne m’attendais pas du tout, rien à dire, contrat rempli. J’avais déjà aimé sa nouvelle du volume 1. La plume de l’auteur me convient bien. Ajouté à ma liste « à découvrir ».

Le Vagabond – Alan Spade – faible ♠ Selon moi, le thème est bon, mais peu compatible avec le format nouvelle. Trop de non-dits, manque d’histoire du fond des personnages, du lieu, de l’époque et des croyances locales. Trop de personnages pour pas grand-chose, trop d’éléments sur si peu de pages qu’on enchaîne le tout sans réelle saveur. Dommage. Par contre, je suis persuadée que sur un format plus long, ce thème a clairement toutes ses chances, parce que j’ai eu envie d’en savoir plus.

Les vacances de Madame Michard – Hélène Ourgant – bon Hahaha, je ne m’attendais pas à ça, la gentille petite concierge qui aura passé des vacances particulières. Une petite touche d’humour qui vient se mêler à l’effroi quand Madame la concierge explique ses décisions. Pas mal du tout.

À l’abri – Éric Abbel - moyen Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais il me manquait vraiment un fond plus travaillé, probablement impossible sur une nouvelle aussi courte. La fin est chouette, l’idée est bonne, mais j’aurais aimé pouvoir m’ancrer dans un lieu, une époque, une catastrophe. J’ai trop eu l’impression que cette histoire était « quelconque », apatride en quelques sortes. Mais elle n’est pas mauvaise pour autant.

Le Voyage – Cindy Costes – bon Il s’agit du genre de nouvelle à laquelle il faut revenir une fois que l’on connaît la chute. J’ai trouvé le début long et quelconque, mais connaissant la fin, elle me semble plutôt adéquate. Une belle histoire, même si elle comporte le risque de paraître avoir un rythme un peu lent pour le lecteur. C’est le problème, l’histoire est sympathique, mais qu’une fois la lecture achevée. Malheureusement avant d’arriver à la fin, le tout est un peu austère. Malgré tout, j’ai trouvé cette nouvelle très belle.

Je vous conseille fortement, génial pour découvrir de nouveaux auteurs !

dimanche 17 septembre 2017

Indé panda, volume 1 (octobre 2016) - COLLECTIF

Titre : Indé panda, volume 1
Auteur : Nathalie Bagadey, Patrice Dumas, Marie Havard, Edith Couture Saint-André, Dean Venetza, Ghaan Ima, Balthazar Tropp, Bouffanges, Amria Jeanneret, Philippe Deniel, Khalysta Farall et Véronique Gault.
Édition : Disponible en numérique gratuitement et légalement ici
Date de parution : Octobre 2016
Nombre de pages : 105
Genre : Nouvelles
Lu en : Septembre 2017

voir estimation ci-après par nouvelle

De quoi s'agit-il : Je me suis lancée dans la lecture du premier volume de l’Indé panda. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un recueil de nouvelles d’auteurs indépendants. Les nouvelles sont sélectionnées après un appel à texte pour n’en garder que 10-12. Le tout est compilé sous forme d’un recueil-journal disponible en ligne au format numérique et totalement gratuit. Chaque auteur dont la nouvelle a été sélectionnée a un petit encart pour parler d’un de ses textes ; de quoi découvrir de nouvelles plumes.

Mon avis : Dans ce premier numéro, il y a 12 nouvelles, de taille et de genre variables, mais aussi, malheureusement, de qualité variable selon moi. Voici un petit aperçu nouvelle par nouvelle de ce qui m’a plu ou non.

Dépendance – Nathalie Bagadey - bon
Nouvelle courte, sympathique, qui m’a fait sourire. Une très bonne idée pour lancer ce premier numéro !

Le Chef d’œuvre de Maître Osato – Patrice Dumas – très bon ♥
Un Japonais passe sa vie à peindre des boîtes en bois. Rythme doux, qui a su me ramener en quelques secondes au Pays du soleil levant. L’auteur sait de quoi il parle, les descriptions sont belles. Une fenêtre ouverte sur un autre monde l’espace de quelques minutes, jusqu’à une fin mémorable ! J’ai été déstabilisée par cette fin, bien joué, je m’en rappellerai, c’est sûr !

La Femme sans visage – Marie Havard – faible ♠
Format qui ne convient pas vraiment à une nouvelle je trouve, peut-être mieux en roman. Manque cruellement de descriptions, rendant certaines scènes peu crédibles, farfelues voire ridicules. Beaucoup de fautes d’orthographe. Rythme saccadé, histoire décousue, dialogues téléphonés entre deux personnages qui savent déjà ce qu’ils se disent. Pas ma tasse de thé et je cherche encore la chute (?).

A cœur perdu – Edith Couture Saint-André – faible ♠
Des phrases un peu trop alambiquées pour moi pour réellement apprécier cette lecture. L’exercice de la nouvelle demande quand même un minimum de nervosité et de dynamisme que je n’ai pas du tout retrouvé dans cette lecture. De plus, le mélange d’un vocabulaire un peu trop savant à des mots plats et courants m’a semblé curieux.

Je trouve qu’il manque des éléments de temporalité, on ne se rend pas vraiment compte du temps qui passe, mis à part grâce au découpage en « chapitres ». La fin me semble peu probable est complètement non déontologique. Cependant, quelque chose me fait dire que l’auteure doit savoir manier le roman, et que l’exercice de la nouvelle n’est pas quelque chose d’habituel. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression de retrouver une patte « roman », du coup, peut-être à tester un jour.

L’Horloger – Dean Venetza – superbe ! ♥♥♥
Waouw ! Là, on voit que l’auteur sait manier la nouvelle ! L’univers est riche derrière la nouvelle, on sent qu’il en a encore sous le pied et j’ai très envie de découvrir plus en avant ce monde particulier. En plus, le sujet est abordé sous un angle qui me plaît bien avec ces horlogers particuliers. Je vois que l’auteur utilise cet univers dans d’autres textes, j’ai hâte de les découvrir. J’en veux plus, ça, c’est sûr.

Celui qui protège – Ghaan Ima – très bon ♥
Pas mal du tout, même si j’ai trouvé le début un peu en dessous de la deuxième moitié, qui, elle, est explosive ! Je vois que cette nouvelle s’inspire du monde créé par l’auteure dans l’un de ses romans, je vais peut-être me laisser tenter.

Crocodile – Balthazar Tropp - bon
Sympa, direct (peut-être un tout petit peu trop à certains endroits) et qui fait réfléchir. Disons que j’ai apprécié son personnage un peu atypique, ça fait plaisir de sortir des sentiers battus de ce côté-là. La fin arrive peut-être un peu abruptement, on sent presque l’envie de l’auteur de continuer à parler de son cher crocodile qui a l’air de lui tenir à cœur.

Votez Blanc ! – Bouffanges - bon
Intéressant et qui fait réfléchir. Après, j’avoue que la politique française ne m’intéresse pas des masses. Heureusement, ce n’est pas là le message que veut faire passer l’auteur. Cependant, bien sûr, lorsque certains noms sont cités, je reste parfois un peu de marbre alors qu’un citoyen français y verra sûrement un message plus fort. On va dire que sous forme de nouvelle, ça va très bien, je ne me serais pas vue lire un roman de 500 pages sur le sujet par contre. En tout cas, j’ai apprécié l’idée de fond sur laquelle je médite encore.

Ad vitam aeternam – Amria Jeanneret - bon
Tout à fait correct. Pas ma nouvelle préférée, mais elle se laisse lire. La chute est très sympa. Par contre, j’ai trouvé certains monologues intérieurs un peu longs par rapport à « l’action » elle-même : léger déséquilibre selon moi.

Photos volées – Philippe Deniel – bon
Une nouvelle toute courte qui m’a fait sourire. Une très bonne idée, il fallait y penser. Après, je ne peux pas en dire beaucoup plus, sinon, je gâche tout.

Le Monolithe – Khalysta Farall – superbe  ! ♥♥♥
Ah la la ! On sent que l’auteure est à l’aise avec les nouvelles ! Comme pour L’horloger, on est dedans en quelques secondes. On sent qu’il y a tout un univers réfléchi là-derrière et qu’elle nous les couche sur papier à son bon vouloir, évitant même par moments de nous donner toutes les clés, tant il est clair que son univers est « normal » pour les personnages. C’est génial, parce que nous avons suffisamment d’éléments pour suivre facilement, avec la volonté d’en savoir plus sur son univers. Elle arrive nous avoir à sa botte après quelques lignes, bien joué.

La Mouche – Véronique Gault – très bon ♥
Je ne voyais pas du tout où l’auteure voulait nous emmener, et ça m’intriguait, parce qu’il y avait forcément une solution. Je sentais qu’elle était là, tout près, tangible, mais non… Et tout à coup, la chute arrive, gros éclat de rire, mais c’est bien sûr ! Simple, rapide, efficace et drôle. Réussi, et j’ai rigolé, bon mélange.

Pour résumé, du bon et du moins bon. Dommage pour les quelques fautes retrouvées çà et là au fil des nouvelles (plus dans certaines que d’en d’autres cela dit). Ce qui est sûr en finissant ce numéro, c’est que je vais suivre Dean Venetza, car j’ai adoré sa nouvelle. (Khalysta Farall, je connais déjà, sa nouvelle vient juste appuyer le fait que j’aime ce qu’elle écrit.) Sinon, pour sa plume et ses idées, je vais me renseigner sur Patrice Dumas. Et surtout, je vais lire les numéros 2 et 3 ! Je me dis que ce premier numéro un peu « surprise » a peut-être déstabilisé certains auteurs. Maintenant qu’ils savent à quoi s’attendre, la suite ne peut être que meilleure. Je vais comparer les noms et me préparer une petite liste d’auteurs à découvrir, huhu.

En tout cas, n’hésitez pas, venez découvrir l’Indé panda. C’est gratuit et c’est bien ! https://lindepanda.wordpress.com/

Une superbe initiative pour découvrir de nouvelles plumes indépendantes :D

mercredi 28 décembre 2016

Nuits d'encre - Françoise REY

Titre : Nuits d'encre
Auteur : Françoise Rey
Édition : Pocket
Nombre de nouvelles : 6
Date de parution : 1994 (réédité chez Pocket en 2003)
Nombre de pages : 179
Genre : Érotique, nouvelles
Décor : Pas toujours précisé, notamment Bruges, Belgique
Lu en : Décembre 2016

1/10

Quatrième de couverture : Elle a choisi la ville. Il a choisi le lieu. Ils vont célébrer leurs noces dans un palace de Bruges. Lentement, inéluctablement, ils se révèlent l'un à l'autre, font tomber les barrières, abolissent les tabous. L'aube les trouvera changés. Il en sera ainsi pour tous ceux qui décident d'aller au bout de leurs désirs, au-delà de leurs fantasmes. L'étudiante qui s'offre à un routier la nuit de Noël ; la jeune femme qui jette son dévolu sur un « guerrier viking »... Ces gens comme les autres que rien n'avait préparé à de telles rencontres, à de telles folies connaîtront la métamorphose d'une nuit unique, extravagante, inoubliable... Un superbe recueil de nouvelles qui mêle avec bonheur un érotisme débridé et un regard tendre sur l'amour.

« Et tu me baises fort, tu me tringles, je veux sentir tes couilles s’écraser sous mes fesses, et dessous, mets-moi des doigts dans le con, parce qu’il se sent tout vide et tout seul, il mouille de désespoir, bourre-moi partout, partout, je suis une bombe, et la mèche, c’est ta queue, qui brûle… Jamais, jamais, je n’ai senti ça, cette pression, cette puissance en moi, ça monte, ça monte, tu vas me faire jouir partout à la fois, je ne croyais pas que c’était possible, de se faire mettre aussi bien, aussi bon, aussi à fond… Même si tu étais encore plus gros, je te prendrais. Un tronc d’arbre, je le prendrais. J’ai l’impression d’avoir un cul profond, profond, une grotte que tu as découverte en forçant un petit passage de rien du tout… »

Amis de la poésie et du bon goût, au revoir, ou plutôt, toutes mes condoléances !

Mon avis : Je précise pour commencer qu’il s’agit en réalité d’un recueil de nouvelles, mais l’une des nouvelles fait presque les trois quarts du livre, à croire qu’il s’agit d’un roman court et de cinq petites nouvelles ensuite.

Certains le savent, en ce moment, je découvre la littérature érotique. Grâce à Wikipédia et à l’une de ses listes sur les auteurs érotiques francophones (récents), j’ai découvert le nom de Françoise Rey (et oui, j’ai ri en lisant le nom). J’ai trouvé Nuits d’encre dont le résumé me paraissait sympa, un couple marié lors de sa nuit de noces, ça promettait tendresse et érotisme.

Eh bien… Grosse erreur, je n’avais jusqu’à ce jour jamais lu un livre aussi répugnant. Je vais parler principalement de la première « nouvelle », Nuit de noces, qui ressemble à un roman, car les autres nouvelles sont tellement courtes qu’elles ne décrivent presque que l’acte et ne présentent pas un grand intérêt.

Je vous laisse lire la citation que j’ai choisie pour vous donner une idée du vocabulaire employé et des descriptions, et NON, ce n’est pas un passage cru, comme ça, au milieu du livre, car TOUT le texte est écrit de cette façon.

Les métaphores pour décrire les parties génitales sont vraiment étranges, repoussantes… L’homme qui s’astique le rameau pour que de sa branche pousse une grosse « cerise rouge et luisante » pour qu’il crée de la « liqueur de cerise » pour sa femme, c’est trop pour moi.

Métaphores absolument pas érotiques, vocabulaires répugnants, phrases mal construites et grossières, je n’ai tout simplement RIEN aimé de cette lecture. J’en ai le cœur qui se (re)soulève rien que d’y repenser. PLUS JAMAIS !

BEURK, BEURK, BEURK ! Faites n’importe quoi d’autres, même récurer les joints de votre salle de bains, vous aurez moins perdu votre temps !

vendredi 30 septembre 2016

L'Encre et le sang - Franck THILLIEZ & Larent SCALESE

Titre : L'Encre et le sang
Auteur : Franck Thilliez et Laurent Scalese
Édition : Pocket
Date de parution : 2013
Nombre de pages : ici
Genre : Policier
Décor : Hong Kong
Lu en : Septembre 2016

7/10

Quatrième de couverture : Au fond d'un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l'attend.
La machine.
Il suffit de taper. Et tout s'écrira, dans la réalité.
Très vite, l'écrivain William Sagnier comprend qu'il tient là l'instrument de sa vengeance. La femme qui l'a trompé. L'homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l'ont humilié, utilisé, détruit, seront punis à leur tour.
La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là où se mélangent l'encre et le sang...


Mon avis : Un écrivain dépouillé de son travail cherche à se venger. Un jour, il achète une machine à écrire dans un marché de Hong Kong et il sait qu’il tient entre les mains l’objet qui va l’aider à attendre son but. Attention à la terrible vengeance de l’écrivain dupé, au tour du trompeur d’être trompé !

Alors, je vous précise tout de suite que ce livre est bien différent des autres œuvres de Franck Thilliez et en ce qui concerne le style de Laurent Scalese, je ne peux rien dire vu que je n’ai rien lu de lui. Je pense qu’ils ont réussi à mettre en commun une histoire qui les amusait, mêlant peut-être des fantasmes d’écrivain, puisque le personnage principal en est un. En tout cas, vous saurez ce qui vous attend si vous vous amusez à blouser l’un des deux auteurs.

L’idée centrale de l’histoire est vraiment sympa, vraiment, les auteurs se sont fait plaisir avec ce roman, ça se voit. J’ai un petit reproche toutefois, il est un peu trop rapide à mon goût. Il faut dire que le format est très court, mais malgré tout, il manque un tout petit quelque chose qui m’a manqué dans cette lecture. Et je ne pense pas que ça vienne du format court, car j’ai beaucoup apprécié Le Grand Voyage (la préquelle sous forme de nouvelle de Pandemia) et Ouroboros, nouvelle contenue dans L’Empreinte sanglante. Difficile de dire d’où ça vient donc, j’ai apprécié, mais j’ai trouvé qu’il manquait un peu de piquant et peut-être un peu de liant.

Si vous ne connaissez pas Thilliez, je ne vous conseille pas vraiment cette lecture, bien trop différente de son style habituel qui me plaît tant, je ne peux pas me prononcer sur Scalese, mais malgré tout, l’histoire reste sympathique, elle n’est clairement pas à fuir, elle est juste différente, et c’est assez chouette de voir que les auteurs se sont fait plaisir.

Un peu court et ne casse pas des briques, mais ça reste une lecture sympa

lundi 12 septembre 2016

Les Trous du cul du monde - Tristan SAVIN

Titre : Les Trous du cul du monde
Auteur : Tristan Savin
Édition : Arthaud
Date de parution : Avril 2016
Nombre de pages : 235
Genre : Nouvelles / témoignage, voyage, humour
Décor : République dominicaine, Gambie, Mexique, Indonésie, Argentine, Kenya, Équateur, Maroc, Triangle d'or, Sénégal, Cambodge, Inde, Birmanie, Éthiopie, Galápagos, Russie, Géorgie, Tahiti, Polynésie, Brésil, Malaisie, Djibouti, Cuba, USA (Californie)
Lu en : Septembre 2016

5/10

Quatrième de couverture : Pour Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul du monde ». En trente ans de voyages lointains, ce drôle de curieux a eu l'occasion de vérifier cette assertion peu révérencieuse. Un trou du cul du monde (ou TDCDM, pour rester poli) désigne un lieu méconnu, de préférence sordide, voire hostile. Une ville oubliée des dieux, inévitablement galère. Un bout du monde, une zone frontière, un village fantôme, une mégalopole chaotique, un îlot paumé. La diversité des TDCDM est d'une richesse inépuisable... C'est surtout le genre de lieux où se produisent des phénomènes étranges. Une succession de malchances. Un enchaînement de catastrophes ! On sent que tout peut y arriver : devenir zinzin, se prendre le ciel sur la tête, assister en direct à la fin du monde... Les trous du cul du monde ont aussi la louable faculté de dévoiler au voyageur égaré tout un pan oublié de l'humanité... Zombies haïtiens, mère maquerelle des Galapagos, espion birman, petroleros d'Amazonie, racketteurs éthiopiens et dragons de Komodo... Les trente histoires de cet ouvrage vous invitent à embarquer pour le plus désopilant des tours du monde.

« On m’a proposé une chambre aux murs maculés de taches de sang. Devant mon air horrifié, la tenancière […] s’est contentée d’un mot, un seul, d’explication :
"Mosquitos." »


Mon avis : Selon Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul ». Il a passé des années à chanter les louanges des lieux paradisiaques du monde en tant que journaliste touristique, en omettant les endroits moins sympathiques qu’il considère comme des vrais trous du cul du monde. Dans ce livre, subtilement intitulé Les Trous du cul du monde, l’auteur a décidé de nous raconter les mésaventures qui lui sont arrivées dans ces fameux trous du cul. Problèmes, galères, animaux sauvages, insectes peu sympathiques, dangers et violences suivant les époques ou les populations, maladies et moult anecdotes du genre.

Bon, cela ne surprendra personne de savoir que j’ai pris ce livre à la bibliothèque à cause de son titre qui m’a bien fait rire. Je me suis dit que de découvrir ces trous pouvait être sympathique et le prologue contient quelques mises en garde de l’auteur qui m’ont vraiment fait rire, notamment sur le fait qu’il « se réserve le droit à la subjectivité la plus totale et revendique sa mauvaise foi et son humour douteux. » Ça, ça me plaît.

Je me suis donc lancée dans ces récits. Première impression qui m’est venue à l’esprit : les récits sont totalement décousus et relatent uniquement un ou deux éléments que l’auteur veut mettre en lumière. Du coup, ce livre ressemble davantage à un recueil de nouvelles. Pas un problème, mais je ne m’attendais pas trop à cela.

Bon, venons-en aux points les plus importants. Ce livre m’a fait nettement moins rire que ce que je pouvais penser. Il y a certes quelques piques bien trouvées qui m’ont fait rire, mais souvent, j’ai entendu un triste « ba dum tsss » qui se superposait sur une réplique qui tombait complètement à plat. Bien dommage, donc, parce que la moyenne générale de l’humour en prend un sacré coup.

Il y a un élément qui m’a rapidement insupportée c’est le fait que l’auteur nous rappelle à chaque fois qui est Patrick, à chaque fois qu’il apparaît dans un récit. Merci, c’est bon, j’avais compris la première fois…

Sinon, en ce qui concerne les lieux visités, je pense que le lecteur sera davantage attiré vers les lieux qu’il connaît plus ou moins. Par exemple, pour moi, il s’agit sans hésitation des deux récits sur le Mexique, forcément, parce que du coup je comprends vraiment les galères par lesquelles il est passé. Pour les autres, c’est vraiment pile ou face, certaines m’ont plu parce que les mésaventures sont vraiment drôles, ou liées à des événements culturels ou historiques très intéressants du pays et d’autres m’ont laissée complètement froide.

En gros, l’idée est très bonne, mais elle suit un schéma assez particulier qui n’est pas très « reader friendly » si je puis dire, et les histoires tellement personnelles qu’elles ne font pas toujours mouche ; pourtant, avec quelques pages d’explication de plus, je suppose que le tout aurait pu être nettement plus intéressant, parce qu’on voit que l’auteur a de très bonnes connaissances culturelles, historiques et géographiques et j’en voulais donc plus pour apprécier également les lieux que je ne connais pas. Son humour est très chouette à petite dose, mais il faut parfois mettre la pédale douce je suppose, pas parce que c’est lourd, mais bien à cause du fameux « ba dum tsss » cité un peu plus haut.



Sympa, mais peut mieux faire, l'humour ne fait pas mouche à tous les coups et la narration est un peu décousue