dimanche 8 mai 2016

Les Morues - Titiou LECOQ

Titre : Les Morues
Auteur : Titiou Lecoq
Édition : Le Livre de Poche
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 404
Genre : Inclassable, vaguement policier, sinon, chick-lit je pense
Décor : Paris (FR)
Lu en : Mai 2016

3/10

Quatrième de couverture : C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred –, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'Internet. C'est le roman d'une époque, la nôtre.

Mon avis : Bon, je vais commencer tout de suite par le point central de ma critique : je n’ai pas aimé cette lecture. Elle part dans tous les sens, est complètement décousue, les personnages (à part un) sont très stéréotypés et souvent très agaçants, la plume n’a rien d’exceptionnel et est même parfois très maladroite selon moi et la façon dont l’auteure a abordé la cause féministe m’a hérissée et j’avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi elle a voulu mettre autant d’informations dans son roman. À vouloir trop jouer avec les genres et les thèmes, on finit par se perdre et à faire s’écrouler les éléments qui prenaient forme.

Bien sûr, cet avis n’engage que moi, mais je crois que la quatrième de couverture n’a pas aidé à me faire apprécier ce livre. Elle enfonce le clou sur tous les points qui m’ont gênée, alors que le tout semblait plus que prometteur. Je pense que je suis tombée de haut et que ce résumé a mis en exergue tout ce qui m’a déçue, rendant ces éléments détestables au final. Je vais d’ailleurs reprendre cette quatrième de couverture, pour vous montrer ma déception.

C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred – --> Alors jusque-là, tout va bien.

trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. --> Là, ça commence déjà à se gâter. Pour moi, le féminisme n’est pas tout à fait ce que ces personnages font. Il s’agit plus de lamentations et de haine dirigées contre la gent masculine et ça me gêne profondément. Le féminisme n’est en rien la haine des hommes. Ce n’est pas le seul élément, j’y reviendrai plus loin.

Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain --> Effectivement, sur quelques pages on parle du Kurt Cobain, mais en soi, ça n’a pas d’importance dans l’histoire, pourquoi mettre en avant cet élément ici si ce n’est pour exagérer la multitude des genres ?

continue comme un polar --> Quatre gus mènent une enquête de façon peu crédible... De là à parler de polar, c’est un peu trop également. On peut parler tout de même de petite enquête, certes, ça passe.

vous happe comme un thriller de journalisme politique --> Alors là par contre, je dois dire non. Vraiment. Comment on peut parler d’un thriller dans un tel cas ? Pas une seule fois je n'ai senti le moindre suspense, alors juste non. Je n’ai en rien été « happée comme dans un thriller »... J’en suis encore hérissée en y repensant maintenant... Une belle promesse pas tenue du tout.

dévoile les dessous de la privatisation des services publics --> Alors par contre, ça oui  ! C’est d'ailleurs la partie que j'ai le plus apprécié (ainsi que le développement de Fred dans son groupe d'amies). C’est la seule partie qui ne m’a pas déçue par rapport à ce qui était présenté.

et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'Internet. --> Heu... Ouais... Je ne vois pas pourquoi on se fixe comme ça sur Internet qui n’a presque pas de lien avec l’histoire, ni l’envie de vouloir à tout pris préciser « en France » à croire que ça ne peut pas se produire en dehors des frontières de l’hexagone. Voilà, voilà...

C'est le roman d'une époque, la nôtre. --> Ohhhh, la belle phrase qui veut tout et rien dire à la fois...

Bref, nous voilà donc en face d’une montagne de promesses qui se révèle finalement plein de mensonges... Une quatrième de couverture digne des meilleurs discours politiques du moment. Haha.

Dès les premières pages, j’ai déjà ressenti quelques problèmes dans ma lecture, notamment avec ces femmes qui se vantent d’être féministes et qui pourtant utilisent un vocabulaire qui me dérange profondément... Par exemple déclamer haut et fort « je vais aller faire ma pute » non, ça ne passe pas. Il faut se respecter un peu en tant que femme je trouve, c’est un peu la base, non ? Et autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas la seule chose qui m’ait fait tiquer. Un autre passage aussi qui parle des relations de couple homme-femme « Mais pourquoi ? Ils ne les aimaient pas moins qu'elles. Même si c'était ce dont elles les accusaient sans cesse. Juste ils avaient appris, ils avaient été conditionnés pour faire passer leurs besoins en priorité. Pas elles. Elles n'osaient pas encore. Elles se traînaient des siècles de culpabilisation. Eux, ils avaient trente ans de revendication féminine dans les dents et on avait déjà l'impression que ça les écrasait, que c'était trop lourd pour leurs viriles épaules. » Je ne pense pas que d’être féministe veuille dire se poser en victime et en vouloir aux hommes, les faire passer pour des pigeons ingrats, bornés et conditionnés par les années, trop cons pour penser par eux-mêmes. Non... Juste non. Et sinon, déjà l’idée de la charte des Morues est selon moi déjà quelque peu incohérent dès le début. Les femmes peuvent selon moi faire ce qu'elles veulent, quand elles veulent, où elles veulent, elles sont libres ! Donc aller s'obliger à obéir à une charte ce n’est peut-être pas la meilleure idée du monde, on en revient de nouveau à enfermer les femmes dans des petites boîtes...

Pour ce qui est des personnages, j’ai adoré Fred, qui va suivre une évolution très intéressante au contact des Morues. Il est touchant, a une vision des choses assez différente du lambda moyen, mais il va petit à petit s’ouvrir au monde et vivre heureux. Je l’ai trouvé sympa comme tout. Par contre, les autres, bof... Rien de particulier, sans oublier Ema qui m’a profondément agacée. Elle est colérique, intolérante et pique des crises de nerfs pour un rien. Fort probablement en dépression depuis des années, elle s’enferme dans son monde, tente de se convaincre que tout va bien et que d’avoir une sexualité débridée et d’être un véritable démon prêt à sortir les dents à tout instant c’est parfaitement normal. Durant le chapitre 10, j’ai eu envie de lui filer des claques. Pourquoi elle s’en prend à son homme, qui semble être charmant, qui fait tout pour arrondir les angles, mais non, elle s’en prend méchamment à lui, jusqu’à avoir envie de l’étrangler quand lui est heureux d’avoir un nouveau job alors qu’elle vient à peine d’avoir été licenciée... Non mais oh ! Il a le droit d’être heureux, elle n’a pas à s’en prendre à lui pour être heureux tout de même ! Elle est juste détestable à ce moment-là. Donc au final on est face à une belle caricature de la femme haïssable, qui ne sait pas ce qu'elle se veut, qui dénonce la société de consommation tout en ne pouvant pas se passer de ses bottines, qui d'un côté ne veut pas se mettre en couple au nom de je ne sais quoi mais qui veut quand même être en couple, qui est méchante et agressive avec son entourage et qui s’en prend méchamment à un gars qui semble l’aimer sincèrement et lui correspondre, mais non, au nom de je ne sais quoi, elle ne doit pas se mettre en couple... Pitoyable !

Heureusement que la petite enquête qui va mener notre petit groupe à aller fourrer leur nez dans les sales affaires d’une société ! J’avoue que certains aspects étaient sympathiques, même si la façon d’obtenir des indices n’était pas toujours crédible. La dénonciation de la privatisation des services publics, c’était également appréciable, ça m’a poussée à réfléchir sur certains points. Par contre, autant dire que ce n’est pas ça qui a rattrapé le tout.

Lecture pour : aïe, dur à dire vu que je n'ai pas aimé du tout...

Un livre qui part dans tous les sens et qui mêle les genres littéraires jusqu'à se perdre. Une grosse déception.

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