mercredi 16 avril 2014

Passager vers l'Enfer - Lionel CAMY

Titre : Passager vers l'Enfer
Auteur : Lionel Camy
Édition : Pascal Galodé Éditeurs
Date de parution : 2013
Nombre de pages : 301
Genre : Thriller
Décor : Thaïlande
Lu en : Avril 2014

9/10

Quatrième de couverture : Le bateau d’Eliot fait naufrage en mer d’Andaman et il trouve refuge avec d’autres rescapés sur une plate-forme pétrolière désaffectée, perdue loin des côtes.

Jeune trentenaire au bout du rouleau, Eliot Bellay débarque le jour de Noël en Thaïlande pour des vacances sac à dos. Destination idéale des routards, le « pays du sourire » a aussi une face sombre, celle du tourisme sexuel, de la drogue et de l’insécurité. Mais le Français n’a qu’une idée en tête : rallier Ko Adang, une île paradisiaque au sud du pays.

Il ne l’atteindra jamais.

Le bateau d’Eliot fait naufrage en mer d’Andaman et il trouve refuge avec d’autres rescapés sur une plate-forme pétrolière désaffectée, perdue loin des côtes.

En dehors d’Eliot, sept voyageurs ont survécu : un compatriote chef d’entreprise, une océanographe québécoise, un fêtard allemand, un retraité japonais, un sportif albanais et un duo de moines bouddhistes. Dans le groupe, la communication n’est pas toujours facile et la confrontation des caractères n’arrange rien. Peu importe. La survie s’organise et Eliot estime qu’ils n’ont pas à se plaindre malgré le milieu hostile.

À tort.

Une tempête tropicale est annoncée et, sans moyen de s’échapper, les naufragés sont contraints d’attendre qu’elle déferle sur l’îlot artificiel. Quand les morts et les incidents bizarres s’enchaînent, Eliot commence à se poser des questions. Et si ces évènements dramatiques n’étaient pas le fruit du hasard ? Le jeune homme a la sensation impalpable que les survivants ne sont pas seuls dans leur prison aquatique. La plate-forme serait-elle hantée ?

À mesure que la situation empire, Eliot en vient même à douter de sa propre santé mentale. Ce n’est que le début d’un cauchemar à l’issue duquel il découvrira une vérité plus terrifiante encore.


Mon avis : Eliot Bellay, un employé en télécommunication d’une trentaine d’années, décide de passer quelques jours en vacances sur Ko Adang, une petite île de Thaïlande, pour se remettre d’un coup dur. Il arrive sans encombre au pays du sourire, mais doit encore traverser un bras de mer pour se rendre sur son îlot paradisiaque. C’est face à cette étendue d’eau que la chance tourne. Il embarque sur un petit rafiot en direction des plages tranquilles de Ko Adang et, l’instant d’après, se retrouve piégé des eaux déchaînées, son embarcation n’ayant pas survécu à une tempête soudaine. Lui et sept autres survivants nagent jusqu’à sur une plateforme pétrolière et parviennent à s’y hisser. Ils ont, certes, survécu à un naufrage, mais le temps n’est pas aux réjouissances : la plateforme est désaffectée et hostile à leur égard. À croire qu’elle ne veut pas d’eux! Et les événements mystérieux qui vont suivre ne vont pas les rassurer...

En lisant la quatrième de couverture, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire : n’est-ce pas le comble du malheur que de survivre à un naufrage pour se retrouver prisonnier du lieu qui aurait pu nous sauver ? Même avant de commencer Passager vers l’Enfer, je pouvais imaginer la triste ironie de la situation ! Et ma lecture n’a pas contrarié cette idée, bien au contraire... La plateforme est désespérément vide et les pauvres naufragés ne sont pas plus avancés que lorsqu’ils luttaient contre les flots. D’habitude, quand on me parle d’histoires racontant un naufrage ou un crash aérien, je me figure automatiquement la traditionnelle île déserte et sauvage sur laquelle les rescapés vont tenter de survivre. Quand j’ai découvert ce livre, j’ai donc immédiatement été séduite par ce décor novateur, qui s’avère finalement bien plus hostile qu’une île déserte.

Passager vers l’Enfer est donc un incroyable huis clos, dont l’élément central est le ressenti des naufragés. Les personnages prennent donc une place très importante dans l’histoire. À leur arrivée sur la plateforme, ils sont huit, de différentes nationalités, et rapidement, la barrière de la langue les scinde en petits groupes. La narration se centre sur le personnage d’Eliot et nous pouvons suivre son désarroi et son angoisse face aux événements mystérieux qui vont surprendre les rescapés. Très vite, les premiers morts sont à déplorer et nous partageons l'impuissance et l'incompréhension du jeune homme. Les questions se bousculent dans sa tête et nous avons un aperçu sur ses différentes suppositions, toutes plus folles les unes que les autres ! Pourtant, il le sait bien, ces morts ne sont pas innocentes, mais il ne sait pas qui ou quoi aurait pu les provoquer.

En ce qui concerne l’écriture de Passager vers l’Enfer, je dirais qu’elle n’oppose pas de difficultés particulières et se lit rapidement : les actions s’enchaînent à un rythme effréné et le lecteur, impatient de découvrir la vérité, finit par ne plus lâcher le livre. Par contre, lors de certains passages descriptifs, notamment lors des premiers chapitres, je trouve qu’il y a un peu trop de détails pour un même élément, ce qui donne naissance à des phrases un peu trop chargées. De plus, certaines combinaisons de mots me semblent étranges et un peu lourdes également. « Sa maîtresse prit son téléphone portable sur l’îlot central en acier chromé et inspecta l’écran digital […] et se servit une tasse de nectar noir. » Je trouve que ce genre de lignes, parfois isolées entre des phrases très brèves et sans fioriture, freine un peu la lecture. Fort heureusement, dès que les scènes d’action commencent, le rythme s’accélère et les descriptions se font plus courtes, plus pertinentes et beaucoup plus intéressantes. Dès ce moment, on suit sans relâche les incroyables mésaventures d’Eliot et ce, jusqu’à la fin.

En conclusion, Passager vers l’Enfer est un thriller innovant, tant au niveau de son décor insolite que de son intrigue étonnante. Malgré quelques phrases un peu "lourdes", l’écriture se fluidifie avec l’arrivée des premiers malheurs sur la plateforme. Grâce à cela, la lecture devient beaucoup plus agréable et rapide, jusqu’à une fin surprenante où se mêlent quelques éléments opaques, à analyser à votre convenance. Je tiens à préciser que le lecteur n’est pas laissé sans réponse, car il a ce qu’il faut pour apprécier la fin de cette incroyable aventure en mer. Je le conseille à tous ceux qui, comme moi, sont intrigués par cette idée de naufragés prisonniers d’une plateforme pétrolière.

Je remercie le forum A&M ainsi que Pascal Galodé Éditeurs pour l’organisation de ce partenariat et la découverte de ce livre.

Un huis clos passionnant dans un décor inédit.

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